Un cake aux fruits confits, du thé et de la compote. Pour payer ses courses, Catherine sort son porte-monnaie et fait l’appoint en petites pièces. Mais dans cette supérette Carrefour Express d’Arcachon (Gironde), la septuagénaire aurait également pu payer en Bitcoin depuis que le gérant, Christophe Martinez, a décidé il y a un an d’accepter toutes les cryptomonnaies.
D’abord via une solution qui convertissait l’argent en euros et, depuis un mois, en permettant aux clients de payer soit via le réseau Lightning, soit sur son adresse « On Chain », sorte de compte Bitcoin intégré dans une « blockchain » (un enregistrement digital décentralisé de transactions), qui ajoute puis valide chaque transaction au sein d’un « block ». « Le temps que ça soit validé, je propose un café au client, ça permet de continuer la discussion ! » sourit Christophe Martinez, toujours prompt à expliquer le sens du petit autocollant orange apposé près de la caisse.
Des clients pas encore convaincus
« Bitcoin ? késako ? ! » rigole Chantal, 78 ans, plutôt « allergique à ce qui complique la vie ». « Si c’est moderne, c’est même pas la peine ! » ajoute Dany, 68 ans, une baguette sous le bras. « Je n’en ai pas besoin, c’est pratique le sans contact », confond un peu Alain, 78 ans qui a réglé sardines et spaghettis par carte bancaire. Ewen, dégaine son téléphone pour payer son sandwich, « je fais ça depuis 4 ans, c’est hyper rapide », assure l’échafaudeur de 25 ans qui n’a jamais songé à payer en Bitcoin : « Pas trop mon domaine les monnaies virtuelles. »
Le gérant du supermarché nuance : « Un appartement virtuel : on peut le visiter mais pas y dormir tandis que le Bitcoin permet de payer avec, c’est une monnaie réelle ! » explique Christophe Martinez, « c’est juste la suite logique de l’utilisation de la technologie. »
Depuis décembre 2025, il propose même une remise de 20 % aux clients qui payent en Bitcoin, « la seule cryptomonnaie qui a une offre limitée en circulation, c’est inscrit dans son protocole, ça évite la dévaluation de la monnaie », insiste le trentenaire.
« Si vous avez 0,1 % d’un montant et que l’offre totale en circulation est multipliée par deux, vos 0,1 % vont être divisés par deux, vous perdez la moitié de la valeur de ce que vous aviez épargné. Cela peut arriver avec l’euro, une monnaie qui peut être imprimée et dont le nombre n’a cessé d’augmenter depuis sa création », déroule le gérant de 35 ans avec, en tête, le pouvoir d’achat : « 100 euros en l’an 2000, permettent d’acheter pour 55 euros environ aujourd’hui » ajoute-t-il, tableau de la banque centrale européenne à l’appui, près de son étal de légumes.
« Ça surprend dans notre ville plan-plan »
« Génial ! Ça surprend dans notre ville plan-plan », applaudit Marie-Claude, Arcachonnaise de 75 ans, qui envisage de se mettre au Bitcoin. Une exception. En 2025, seules 9 transactions ont été payées avec cette cryptomonnaie au Carrefour Express d’Arcachon. Les aspirants seront peut-être plus nombreux, le mois prochain, à l’ouverture d’un second magasin par le gérant dans un quartier dynamique de Bordeaux.
Désormais, Christophe Martinez conserve les Bitcoins reçus en Bitcoins, « pour les garder sur le temps long. Ça va gagner de la valeur. Même Harvard le fait ! » Non par intérêt spéculatif mais au non d’une « approche humaniste », insiste-t-il : « Avec l’Euro, l’augmentation globale de la masse monétaire favorise l’inflation et creuse les inégalités tandis que le Bitcoin est une monnaie équitable. »











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