Prédire un risque pour la santé des années avant que les problèmes ne surviennent, à l’aide d’un simple test sanguin relève de la science-fiction dans nos imaginaires. Et pourtant, on n’en serait plus si loin.
Une équipe de recherche de l’Université de Hong Kong rapporte avoir mis au point un outil novateur de prédiction du risque cardiovasculaire, basé sur l’intelligence artificielle (IA).
Grâce à une simple prise de sang, cet outil nommé CardiOmicScore, pourrait prédire avec précision le risque futur de survenue de six maladies cardiovasculaires majeures : la maladie coronarienne, l’accident vasculaire cérébral, l’insuffisance cardiaque, la fibrillation auriculaire, l’artériopathie périphérique et la thromboembolie veineuse.
Multiomique plutôt qu’uniquement génétique
L’étude, parue dans la revue Nature Communications (Source 1), a été menée sur des données de la UK BioBank, grande base de données de santé britannique. Les chercheurs ont ici utilisé l’IA pour analyser 2 920 protéines circulant dans le sang, et 168 métabolites (composés issus du métabolisme), au sein d’échantillons sanguins. Ces signaux moléculaires agissent comme des « enregistreurs en temps réel » de l’organisme, reflétant avec précision les variations subtiles du système immunitaire, du métabolisme et de la santé vasculaire, précisent les chercheurs.
Car si nos gènes prédisent notre point de départ, notre risque de base, les protéines et métabolites reflètent davantage la santé actuelle. À l’aide de ces données dites multiomiques, l’outil CardiOmicScore a pu fournir un risque personnalisé de survenue de maladies cardiovasculaires dans les années à venir. Combiné à d’autres informations clés telles que l’âge et le sexe, l’outil a amélioré la précision de la prédiction des risques pour six maladies cardiovasculaires courantes, et peut même signaler un risque élevé jusqu’à 15 ans avant l’apparition des symptômes, se réjouissent les scienfiques dans un communiqué (Source 2).
L’idée est évidemment de connaître et de quantifier ce risque, afin d’agir en amont et de prévenir de futurs problèmes de santé. « Notre objectif est d’exploiter la technologie pour identifier et prévenir les maladies avant qu’elles ne se déclarent. En faisant évoluer la gestion de la santé d’un traitement réactif vers une prédiction et une intervention proactives, nous visons à créer un impact durable sur la santé publique et les soins aux patients », a déclaré le professeur Zhang Qingpeng, qui a dirigé l’étude.
Plusieurs étapes et freins demeurent cela dit avant l’utilisation à grande échelle d’un tel outil dopé à l’IA : il doit être validé par d’autres études de plus grande ampleur encore, et le coût d’un tel dispositif demeure élevé.
« Bien que la plateforme protéomique utilisée dans cette étude soit relativement coûteuse et encore peu accessible, l’intégration de la multiomique dans les flux de travail cliniques pourrait devenir de plus en plus rentable au fil du temps », espèrent les chercheurs dans leurs conclusions. « Avec les progrès technologiques et la baisse des coûts, l’utilisation des données omiques et des modèles d’IA en pratique clinique courante pourrait offrir une approche plus efficiente, précise et individualisée de l’évaluation du risque cardiovasculaire », concluent-ils.

il y a 3 day
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