Auteur d’un superbe quadruplé, l’ailier de l’UBB a battu son propre record d’essais sur une même édition. S’il savoure ce doublé inédit, il pointe aussi ce qui n’a pas fonctionné face aux Anglais.
Aviez-vous déjà inscrit un quadruplé , même quand vous étiez jeune ?
Louis Bielle-Biarrey : Non, jamais. Ça arrive au bon moment, on va dire. (rires) Je suis très content.
Racontez-nous comment vous avez vécu ce match complètement fou...
Plutôt bien ! Ça a été un match compliqué avec plein de rebondissements. Ça a été assez dur mentalement à chaque fois de repasser devant, de repasser derrière, de trouver les ressources pour toujours y croire. Mais je pense que ça nous a plutôt bien réussi. Et il y a cette pénalité de Thomas (Ramos) à la fin qui est juste… C’est un peu irrationnel. Le scénario, c’est fou, mais à la fin on gagne et je pense que c’est ça le plus important : on arrive à sortir vainqueurs d’un match comme ça. On a été portés par le public, il y avait 80.000 personnes qui étaient à fond derrière nous. Ce sont des moments vraiment privilégiés.
Notre attaque nous sauve un peu. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Il va falloir qu’on se remette en question sur certains points du jeu, notamment en défense Passer la publicité
Vous avez été surpris du niveau de l’Angleterre ce samedi soir ?
Oui et non. On sait que l’équipe d’Angleterre n’est pas simple à jouer. Si on prend nos deux derniers matchs face à eux, à chaque fois cela s’est joué comme là sur une dernière action. On savait à quoi s’attendre. Quand on n’est pas à 100 % de nos capacités, ce qui a été le cas par moments, on sait que c’est une superbe équipe. Ils ont des grands joueurs à tous les postes, des joueurs expérimentés. Donc ça a été dur, mais on n’a pas été surpris. Ils nous ont challengés sur les points où on pensait qu’ils allaient le faire, et on n’a pas forcément tout le temps répondu présent.
Par contre, il y a six essais marqués mais il y en a sept encaissés...
Je suis d’accord, on a pris cinquante points en Écosse, on a pris quarante-six ce (samedi) soir. Donc notre attaque nous sauve un peu. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Il va falloir qu’on se remette en question sur certains points du jeu, notamment en défense. Je n’ai pas forcément envie de parler de ça aujourd’hui, j’ai plus envie de retenir l’état d’esprit, le fait qu’on a été capables à chaque fois de repasser devant, même si ça n’a pas été facile. Gagner le Tournoi deux fois d’affilée, ce n’est pas arrivé souvent dans l’histoire, donc on va retenir cette belle performance.
Et aller jusqu’à la victoire à quatorze, c’était pas mal non plus...
Oui, bien sûr. À la fin, ce n’était plus vraiment du rugby... (sourire) On faisait un peu comme on pouvait avec l’énergie qui nous restait. C’est vraiment génial qu’on ait réussi à avoir cette pénalité. Après, Thomas (Ramos) prend ses responsabilités et met la pénalité. C’était vraiment magique.
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Vous avez battu votre propre record d’essais inscrits sur une édition (9). Est-ce que vous faites attention à tous ces chiffres, ces records ?
Oui et non. Si j’avais battu ce record mais qu’on n’avait pas gagné, cela ne servait à rien. Honnêtement, comme je le dis souvent, ce ne sont que les titres collectifs qui sont les plus importants. Vous voyez bien les émotions que ça procure. Je trouve que les essais, c’est assez anecdotique. On est des ailiers, on est là aussi pour marquer. C’est un peu notre rôle et je suis très content que ça me sourit en ce moment. Mais si je ne marque pas la semaine prochaine, ce ne sera pas la fin du monde. Il y a aussi plein d’autres aspects du jeu. Mais c’est sûr que je suis très content de marquer et surtout marquer à chaque fois, cela aide l’équipe, concrétise des temps forts ou transforme des temps faibles en temps forts. C’est ce qui est plaisant dans le fait de marquer.
C’était le côté irrationnel de ce match. On récupère la balle une fois, on la reperd, on la regagne, en-avant, pénalité, il la met. C’était assez fou
À aucun moment vous ne vous êtes dit que c’était foutu ?
Honnêtement, quand on prend l’essai à la 78e minute et qu’il y a le coup d’envoi, on ne sait pas trop... On est là, on se regarde un peu, on est à quatorze. Je ne sais même plus ce qu’on s’est dit sous les poteaux. Mais c’était le côté irrationnel de ce match. On récupère la balle une fois, on la reperd, on la regagne, en-avant, pénalité, il la met. C’était assez fou, ce n’était plus vraiment du rugby. C’était juste essayer d’avancer, de gratter une pénalité. Il y avait plus vraiment de projet de jeu et ça nous a souri. Mais si on perd le match, c’est pareil... On est très contents d’avoir gagné mais on sait que ça ne passera pas tout le temps.
Ce match était-il un bon résumé du Tournoi où c’est parti un peu dans tous les sens ?
Un bon résumé, je ne sais pas. Sur nos trois premiers matchs, on a fait preuve d’une grande maîtrise. C’est plutôt à l’image du dernier match, où c’est parti un peu dans tous les sens : score fleuve, la défense, on prend l’eau un peu de partout, mais on arrive aussi à marquer. On a plein de points à travailler, notamment dans la gestion. On prend cette interception, une action qui nous fait mal. On a été un peu trop pénalisés. C’était un match compliqué, dur à gagner. On a su être ultra-réalistes. Mentalement, c’était dur d’être derrière, devant… Ce n’était vraiment pas facile sur le terrain.
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Que vous êtes-vous dit à la mi-temps ?
On s’est dit que ce qu’on faisait c’était bien. Il fallait juste qu’on arrête de faire des erreurs et de prendre des pénalités. À chaque fois qu’ils avaient la balle dans notre camp, c’était pénalité, faute, essai. C’était un enchaînement de fautes assez stupides dont on n’a pas vraiment l’habitude. On s’est dit que si on corrigeait ces choses simples, en attaque on arrivait facilement à trouver des solutions. Ils avaient un carton jaune, il fallait qu’on appuie là-dessus, ce qu’on a réussi à faire.
Comment vous sentez-vous physiquement à la fin de ce Tournoi ? Vous avez déjà joué plus de 1.500 minutes cette saison...
Je me sens bien. Quand on gagne, on se sent toujours mieux. J’aurai des vacances quand je les aurai, donc c’est bon.

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