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Quand X sombre dans les dérives, l'Europe bâtit son alternative souveraine
Publié le 21/01/26 à 07h51
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Lancé en marge du Forum de Davos, W se présente comme l'antidote européen à la dérive de X. Avec vérification d'identité obligatoire et hébergement continental, cette plateforme dirigée par une experte mondiale de la privacy ambitionne de redéfinir l'espace public numérique. Un projet qui prend une dimension géopolitique inédite dans un contexte de rupture transatlantique.
X, le réseau américain sanctionné par l'Europe, et W, la riposte continentale qui promet "un fil d'actualité digne de confiance". © Les Numériques
Le 19 janvier 2026, au cœur du Forum économique mondial de Davos, une annonce discrète pourrait bien rebattre les cartes du paysage numérique européen : la naissance de W, un réseau social conçu pour concurrencer X sur son propre terrain. Le timing n'est pas anodin. Quelques jours plus tôt, 54 députés européens adressaient une lettre ouverte à Ursula von der Leyen, dénonçant la transformation de X en "système de diffusion unidirectionnel pour Musk lui-même" et réclamant des alternatives continentales.
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À travers l'Europe et au-delà, la désinformation systémique érode la confiance publique et affaiblit la prise de décision démocratique. Beaucoup voient le problème. Bien moins nombreux sont ceux qui contribuent à façonner ce qui vient ensuite.
Derrière W, une figure méconnue du grand public mais respectée dans l'industrie tech : Anna Zeiter, 46 ans, ancienne Chief Privacy Officer d'eBay pendant onze ans, responsable de la protection des données pour l'ensemble du business international du géant américain. Cette Allemande naturalisée suisse, docteure en droit des médias et diplômée de Stanford, n'a pas choisi son camp par hasard. W sera une filiale de "We Don't Have Time", société suédoise spécialisée dans l'activisme climatique fondée par l'entrepreneur Ingmar Rentzhog. Le financement initial provient d'investisseurs tech scandinaves, dans une logique assumée de souveraineté numérique européenne.
Vérification obligatoire et transparence algorithmique
L'approche de W tranche radicalement avec celle des plateformes américaines : chaque usager devra obligatoirement vérifier son identité avant de publier — photo et documents à l'appui. Fini les comptes anonymes, fini les bots qui amplifient la propagande. Cette exigence répond directement aux préoccupations des régulateurs européens sur la manipulation de l'information, particulièrement lors des périodes électorales.
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Le logo actuel de W. © Anna Zeiter
Le scandale récent qui a secoué X illustre l'urgence : la plateforme a été inondée d'images de femmes et d'enfants déshabillés numériquement, générées par son controversé chatbot Grok. Une dérive qui a valu à X une amende de 120 millions d'euros pour violation du Digital Services Act européen. Musk a répondu en appelant à l'abolition pure et simple de l'Union européenne.
W va plus loin encore avec un système anti-bulles de filtres : sur demande, les abonnés pourront recevoir des contenus issus d'univers idéologiques différents du leur. Un pari audacieux dans un écosystème numérique gangréné par la polarisation. D'ailleurs, Le logo de la plateforme arbore la baseline Trust your feed (“Faites confiance à votre fil d'actualité”), en contraste direct avec les accusations de manipulation algorithmique pesant sur X.
Anna Zeiter annonce le lancement de W sur LinkedIn, le 19 janvier 2026. © LinkedIn
L'équipe est distribuée à travers l'Europe : Zeiter depuis Zurich, Johan Sundstrand (Chief Commercial Officer, serial entrepreneur) à Londres, les développeurs en Ukraine. Des bureaux sont prévus à Berlin et Paris. L'Advisory Board rassemble des poids lourds : Philipp Rösler (ex-vice-chancelier allemand), Sandrine Dixson-Declève (Club de Rome) et Cristina Caffara (présidente d'EuroStack, qui fédère 300 CEO tech européens).
La version bêta est attendue pour février 2026. Le lancement public interviendra fin d'année. "Si Bruxelles poste sur W plutôt que sur X, nous aurons déjà beaucoup gagné", confie Zeiter au magazine Bilanz.
Dans un contexte où Donald Trump vient d'annoncer de nouveaux tarifs douaniers contre plusieurs pays européens (dont le Danemark, pour avoir résisté à ses velléités d'annexion du Groenland) W prend des allures de riposte numérique européenne. Reste à voir si cette ambition institutionnelle saura séduire le grand public.
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