Il a toujours été l’une des principales richesses des rivières du Finistère. Mais le saumon se raréfie dans les cours d’eau bretons à tel point que sa pêche vient d’être interdite dans le pays de Quimperlé par l’association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique du pays de Quimperlé (AAPPMA).
Les raisons de cette disparition sont diverses mais le président de l’association pointe du doigt la surpêche des bateaux usines dans les océans. Alors que la saison de pêche vient de s’ouvrir pour six mois, l’AAPPMA Quimperlé vient donc d’officialiser cette mesure prise pour protéger l’espèce.
« Des trois principales rivières du pays de Quimperlé que sont la Laïta, l’Isole et l’Ellé, cette dernière est celle où le saumon prolifère le plus aux côtés des truites, des anguilles, des gardons et autres brochets. Comme elle est très longue, le taux de reproduction des tacons, des petits saumons, y est plus élevé » explique le président de l’association, Xavier Nicolas.
Les petits saumons, appelés tacons, naissent dans les frayères des rivières bretonnes avant, lorsqu’ils mesurent 25 cm, de migrer vers l’océan via les rivières. On assiste alors à un phénomène naturel, le tacon va « smolter ». Sa peau va devenir argentée pour s’adapter à l’eau salée. A l’inverse, lors de la saison de reproduction, les saumons femelles quittent l’océan pour retrouver leur rivière natale et y pondre leurs œufs. On appelle ça la remontée des saumons.
« Si ça continue, il va disparaître »
Hélas, depuis 5 ans, l’association a constaté une chute accélérée du nombre de saumons dans les rivières. « Pour avoir un ordre d’idées de la fluctuation du nombre de saumons, on procède chaque année à une capture. On va attraper, sans leur faire de mal bien sûr, des saumons qu’on va baguer, décrire, rechercher son âge via les écailles. Tout est ensuite transmis à la Fédération puis aux instances compétentes. C’est très réglementé. On est passé de 120 à 9 en quelques années lors du pic de remontée qui se situe entre mai et juin. C’est une catastrophe ! ».
Le président avance plusieurs raisons à cette raréfaction. « Le taux de retour des saumons a considérablement diminué sur les zones dites d’engraissement des poissons en raison de la surpêche des bateaux industriels qui les pêchent pour en faire de la farine destinée aux poissons d’élevage. Surtout aux abords des Îles Féroé. Il y a aussi le réchauffement climatique qui agit aussi. Quand on pense que les pêcheurs amateurs français sont limités à cinq maquereaux par jour, c’est une vaste plaisanterie ».
Pour cette association, dont la vocation est notamment de gérer et nettoyer les cours d’eau afin d’optimiser les frayères et permettre ainsi de meilleures conditions pour la reproduction des poissons, la diminution du saumon est une vraie catastrophe naturelle. « Ce poisson est l’une des richesses de la Bretagne. Si ça continue ainsi, il va disparaître ».










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