Vainqueurs la finale de la CAN face au Maroc dimanche à Rabat, les joueurs sénégalais avaient presque tous quitté la pelouse avant la fin du match, agacés par l’arbitrage. Une situation qui aurait pu leur coûter très cher.
Passer la publicité Passer la publicitéLa scène est inédite, ou presque. Pour protester contre un penalty accordé au Maroc, alors qu’il restait deux minutes dans le temps additionnel (90e+6), les joueurs du Sénégal ont quitté la pelouse du stade Prince Moulay Abdellah, dimanche lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Ces derniers étaient déjà ulcérés par un but refusé à Ismaïla Sarr un instant plus tôt, et avaient en tête les nombreuses polémiques liées à l’arbitrage qui ont concerné le Maroc, pays hôte.
Après de longues minutes, sous l’impulsion de Sadio Mané conseillé par l’ex-entraîneur français Claude Le Roy, les Lions de la Teranga sont revenus sur le terrain. Comme on le sait, Brahim Diaz a finalement raté son penalty et le Sénégal a été sacré (1-0) après une prolongation. Mais la question suivante se pose : le champion d’Afrique aurait-il dû être déclaré perdant pour avoir refusé, dans un premier temps, de poursuivre la rencontre ? La réponse donnée par le règlement officiel de la CAN risque d’agacer plus d’un Marocain.
Défaite sur tapis vert selon le règlement de la CAN
La règle, mentionnée au chapitre 27 article 64 puis au chapitre 35 article 82, dit ceci : «Si, pour n’importe quelle raison, une équipe [...] quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours.»
Son de cloche quasiment identique chez le règlement de la Confédération africaine de football (CAF), chapitre 2 section 8 article 148 : «Si une équipe refuse de poursuivre un match qui a commencé, elle sera punie d’une amende d’un minimum de 20.000 dollars américains et sera, en principe, déclarée perdante.»
Si on se réfère aux Lois du jeu édictées par l’IFAB, il est seulement indiqué qu’un un joueur «est averti s’il se rend coupable d’avoir quitté délibérément le terrain sans l’autorisation de l’arbitre» (loi 12 article 4). Ce qui n’aurait eu que peu de conséquences puisque le seul Sénégalais qui avait reçu un carton jaune avant la pagaille (Lamine Camara) avait été remplacé.
Laisser le résultat se jouer sur le terrain
Pourquoi l’arbitre, Jean-Jacques Ndala Ngambo, n’a-t-il pas appliqué le règlement à la lettre ? Il faut d’abord rappeler que, dans la majorité des cas, il est conseillé et préférable de ne pas arrêter définitivement un match, surtout dans une ambiance aussi électrique que celle de Rabat. Il en va de la sécurité de tous. Des affrontements avaient éclaté en tribunes, et plusieurs supporters sénégalais avaient quitté leur siège pour tenter de faire irruption sur le pré.
Pour M. Ndala Ngambo, il s’agissait aussi, peut-être, d’entacher le moins possible la fin de la compétition. Ou du moins de limiter la casse. Une conclusion par un forfait de l’une des deux équipes alors que le score était de parité (0-0) aurait créé un scandale sans précédent. C’est finalement par le jeu que les destins sénégalais et marocains se sont décidé. Il appartenait à l’arbitre congolais de 38 ans de lancer un ultimatum ou non aux Sénégalais.
La Fédération royale marocaine de football (FRMF) n’a toutefois pas l’intention d’en rester là. Dans un communiqué publié ce lundi, elle a annoncé «recourir aux procédures légales» auprès de la CAF et de la FIFA «afin de statuer sur le retrait de l’équipe nationale sénégalaise du terrain». Il est peu probable que la procédure amorcée change quoi que ce soit au résultat. Le Sénégal devrait bien se présenter à la prochaine Coupe du monde, face à l’équipe de France, en tant que champion d’Afrique.

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