Elle trônait à l’entrée des Rues de Paris depuis 1989, soit l’année d’ouverture du parc d’attractions. Dessinées par Albert Uderzo, l’un des papas d’Astérix en personne, Les Tours Amoureuses ont tiré leur révérence, ce mercredi 14 janvier, après 36 ans à accueillir les visiteurs.
Dans le cadre d’un programme ambitieux de 250 millions d’euros, le Parc Astérix va vivre ces cinq prochaines années une importante mutation. Les rues de Paris vont laisser place à Londinium, une zone d’inspiration britannique, majoritairement couverte, et théâtre des aventures d’« Astérix chez les Bretons », qui sera ouverte en 2028.
Mais chez nombre d’irréductibles du parc installé à Plailly (Oise), cette modernisation s’accompagne d’un indéniable élan de nostalgie à la vue des pelleteuses qui ont grignoté ces deux tours qui accueillaient le public depuis 36 ans.
« 36 ans de loyauté au parc »
Tour à tour déguisées en fantôme pour Halloween, ou entourée de sapins pour Noël, les Tours Amoureuse ont rythmé la vie du parc de nombreuses années. Alors, quand il a été questions de recycler les décors des Rues de Paris, certains fans ont cru voir sauvé les deux tours.
Pour des raisons environnementales et légales, le parc a proposé ses installations à une dizaine de repreneurs : musées, associations et la ville de Janvry (Essonne), seule commune invitée. Des structures mises à disposition gratuitement, à condition que les candidats prennent en charge leur démontage et leur transport.
Une rumeur enflamme alors les réseaux sociaux gaulois : les tours n’ont pas trouvé preneur et vont être détruites. « C’est totalement faux, cet élément de décor n’a jamais été proposé, il va être détruit car pas récupérable », précise-t-on du côté des Parcs. Et au vu des images de la destruction on comprend mieux pourquoi : montée sur une structure en bois sur laquelle de fausses pierres étaient apposées, les tours n’étaient pas démontables pour le transport.
De quoi faire réagir des aficionados du parc. « Les tours sont tombées après 36 ans de loyauté au parc, s’attriste Jonathan, administrateur du groupe Facebook Parc Astérix gaulois mais pas solo, qui propose à des fans se rencontrer sur place. Pour moi c’est comme si on retirait le château de la Belle au bois dormant à Disney. »

Certains n’hésitent pas à comparer cette destruction à celle de Gargantua, le géant qui surplombait Mirapolis, le tout premier parc d’attractions d’Île-de-France ouvert de 1987 à 1991 à Courdimanche (Val-d’Oise). La statue de 35 m de haut sera dynamitée en 1995.
Entre nostalgie et colère pour les plus sensibles de voir disparaître ce que beaucoup considéraient comme un emblème du Parc. « Tellement triste de savoir que le souvenir d’enfance de chacun d’entre nous s’effondre en même temps que ce visage », tempête Julien.
Malgré cette célébrité, aucun hommage n’est prévu par le Parc Astérix sur l’emplacement. « Mais nous aurons également deux tours à l’entrée de la nouvelle zone Londinium », précise les responsables. Pour les plus accros restent encore deux solutions : visiter les parcs Dream World (Thaïlande) et Chengdu Sunac Land (Chine) qui possèdent tous deux des répliques, bien que non officielles, des Tours Amoureuses.












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