Critiquée pour son interview du ministre russe Sergueï Lavrov, Léa Salamé aurait voulu davantage de décryptages pour le téléspectateur

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Elle aurait voulu un meilleur décryptage pour les téléspectateurs. Léa Salamé, présentatrice du 20 heures de France 2, dit ce mardi regretter que son interview controversée du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n’ait pas été « accompagnée » par des reportages et un spécialiste en plateau.

Cet entretien, diffusé le 26 mars, a suscité une pluie de critiques et d’accusations de complaisance, à commencer par celles du gouvernement français et de l’Ukraine. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a notamment regretté que son homologue russe « ait pu dérouler tranquillement sa propagande ».

Lors d’une matinée de débats organisée par France Télévisions ce mardi sur « L’information, nouvelle ligne de front », Léa Salamé est revenue sur cette polémique. « Il ne faut pas être hypocrite » car de telles interviews sont « demandées » par « toutes les rédactions », a-t-elle déclaré. « Faut-il donner la parole à des dirigeants qui lancent des guerres ? Je pense que oui », a-t-elle enchaîné. Sinon, les démocraties « laisseront à la Russie ou à d’autres le monopole du récit ».

Il aurait fallu « un reportage sur les victimes et un autre sur la guerre hybride »

Cependant, « j’ai un regret sur cette interview ». C’est que « probablement, en 2026, on ne peut pas balancer une interview comme ça sans l’accompagner », a poursuivi la journaliste, rejoignant la position de Philippe Corbé, directeur de l’information de France Télévisions. « On aurait dû demander à Etienne Leenhardt (NDLR : spécialiste des relations internationales pour le JT) de venir en plateau ». Et « nous aurions dû aussi l’accompagner par un reportage sur les victimes en Ukraine » et « un reportage sur la guerre hybride qu’ils nous mènent ».

Interviewer le chef de la diplomatie russe, « acteur majeur de la guerre au Moyen-Orient » et « allié » de l’Iran, « a un intérêt journalistique évident », avait défendu Philippe Corbé. « Interroger quelqu’un, ça n’est pas lui offrir une tribune » et Léa Salamé « ne lui déroule pas le tapis rouge », a-t-il insisté lors de ces débats.

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Enregistrée à l’avance, l’interview a été réalisée à distance avec Sergueï Lavrov, qui se trouvait à Moscou, la capitale russe. Dix minutes ont été diffusées dans le 20 heures, regardées par 3,4 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie. Une version d’une heure a été mise en ligne sur franceinfo.fr. L’interview a ensuite été diffusée sur la chaîne YouTube du ministère russe des Affaires étrangères mais avec une traduction déformée des questions de Léa Salamé pour aller dans le sens de Moscou. « La Russie a manipulé les questions », a pointé le ministère français des Affaires Étrangères.

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