Cyberattaques : malgré les dommages causés par la guerre, les pirates informatiques iraniens ont intensifié leur activité

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Les pirates informatiques liés à l’Iran ont intensifié leurs attaques dans la région depuis le début des frappes des États-Unis et d’Israël contre ce pays le week-end dernier, ont affirmé des experts à l’AFP, même si les perturbations causées par la guerre pourraient limiter leur efficacité.

Parmi les actions détectées depuis le début du conflit, l’entreprise de renseignement informatique Unit 42 et le spécialiste israélien de cybersécurité Check Point ont relevé une tentative massive d’hameçonnage (« phishing ») ayant visé les Israéliens, qu’ils attribuent à l’Iran.

Les attaquants ont notamment profité de bugs de l’application Home Front Command (« Commandement du Front intérieur »), très utilisée car elle fournit des alertes et des informations d’urgence, pour envoyer en masse des SMS aux utilisateurs afin de les inciter à télécharger une mise à jour.

« C’est le genre de message qui semble tout à fait normal » mais qui renvoie vers « une application imitant le Home Front Command », a expliqué à l’AFP Gil Messing, responsable du renseignement cyber chez Check Point.

Une part intégrante de l’armée iranienne

« Il s’agissait en réalité d’un logiciel malveillant permettant d’extraire de nombreuses informations de l’appareil », a-t-il souligné, ajoutant qu’une attaque similaire avait ciblé dans le passé des personnes attendant la livraison d’un colis.

Check Point affirme également avoir observé des pirates accéder à des caméras de surveillance connectées, très utilisées mais souvent mal sécurisées, situées en Israël mais aussi au Qatar, à Bahreïn ou encore au Koweït : tous des États ciblés par les drones et les missiles iraniens.

Ces images étaient probablement utilisées pour évaluer les dégâts causés par ces attaques ou « pour recueillir les renseignements nécessaires » sur « les habitudes (des personnes visées) ou les endroits à frapper », estime Gil Messing. Selon cet expert, « l’Iran fait partie des cinq à sept premiers pays du monde en matière d’offensive cyber », aux côtés de la Russie, de la Chine ou de la Corée du Nord.

L’entreprise américaine de cybersécurité CrowdStrike a constaté « des cyberattaques de représailles modérées liées au Corps des Gardiens de la Révolution » depuis le début de la guerre, a dit son responsable du renseignement Adam Meyers. Mais relève « une recrudescence des activités revendiquées par des groupes de pirates militants alignés sur l’Iran ou de sympathisants de ce pays ».

Campagnes de désinformation

Les pirates informatiques « font partie de leur armée » et « sont en grande partie soutenus par l’État », notamment le CGRI et le ministère du Renseignement et de la sécurité, explique Gil Messing.

Parmi les principaux axes de l’activité cyber iranienne : des attaques destinées à extraire des informations, des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux, le recrutement d’agents dans les pays cibles et le harcèlement d’Iraniens en exil.

Face aux drones et aux missiles, « il ne faut pas surestimer le rôle du cyber », affirme James Sullivan, un analyste spécialisé en sécurité informatique du centre de réflexion Rusi à Londres, car « il est plus facile de bombarder une tour de télévision que de mener une cyberattaque contre une chaîne de télévision ».

Les frappes américaines et israéliennes ont également entraîné « une perte de connectivité et une dégradation significative des structures de commandement iraniennes », ce qui entrave les activités des hackers, écrit Unit 42 dans un rapport.

De son côté, l’agence française de la sécurité informatique (Anssi) a informé mercredi qu’elle n’avait pas observé pour le moment de hausse de la menace cyber contre la France mais avait fait état d’une « vigilance renforcée ».

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