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Des chercheurs rapportent avoir réalisé, avec succès, un pontage coronarien sans incision de la cage thoracique. Une potentielle alternative à la chirurgie à cœur ouvert.
C’en sera peut-être bientôt fini des chirurgies à cœur ouvert dans le cadre de l’obstruction d’une artère coronaire.
Une équipe de médecins britanniques révèle en effet le succès d’une première mondiale : une opération mini-invasive en lieu et place d’une chirurgie à cœur ouvert dans le cadre d’un pontage coronarien.
Rappelons qu’un pontage coronarien consiste à revasculariser par voie chirurgicale une artère coronaire lorsque celle-ci est rétrécie (ou sténosées en court-circuitant la sténose. Actuellement, cette opération s’effectue à cœur ouvert, et nécessite donc d’accéder au cœur en incisant la cage thoracique. Cette opération lourde a une alternative moins invasive : dilatation de l’artère avec un ballonnet gonflé dans celle-ci et pose d’un stent, un petit ressort métallique. Mais cette seconde procédure, appelée angioplastie coronaire, n’est pas toujours possible, si bien que le pontage est parfois inévitable.
Un cas particulier qui a poussé les médecins à innover
Ici, l’équipe décrit dans son étude publiée dans la revue journal Circulation : Cardiovascular Interventions (Source 1) un procédé novateur. Un patient de 67 ans dont la valve aortique, permettant au sang d’aller du cœur à l’aorte, avait été remplacée par une bioprothèse, a eu besoin que cette prothèse soit remplacée. Mais l’anatomie de ce patient a placé l’orifice de son artère coronaire gauche si près de la valve que le flux sanguin risquait d’être interrompu lors d’une intervention valvulaire classique.
« Notre patient présentait de nombreux antécédents d’interventions, de maladies vasculaires et d’autres facteurs de confusion, ce qui rendait la chirurgie à cœur ouvert totalement impossible. Dans un cas comme celui-ci, disposer d’une alternative mini-invasive est primordial », a déclaré le Dr Adam Greenbaum, auteur principal de l’étude et médecin à la faculté de médecine d’Emory, dans un communiqué (Source 2).
Une technique déjà éprouvée chez l’animal
Pour ce faire, les chirurgiens ont utilisé une technique appelée navigation et réentrée ventriculo-coronaire transcathéter (VECTOR), déjà pratiquée sur l’animal mais jusqu’alors jamais tentée chez l’homme. Au lieu d’inciser le thorax, l’intervention consiste à faire passer des cathéters par les vaisseaux sanguins de la jambe pour atteindre le cœur. À l’aide de fils conducteurs, l’équipe médicale a pratiqué de petites ouvertures dans l’aorte et l’artère coronaire, qu’ils ont ensuite reliées par un greffon de pontage. De quoi créer un nouveau passage pour la circulation sanguine, en contournant l’obstruction potentielle.
Six mois après l’opération, le patient ne présente aucun signe d’obstruction de l’artère coronaire, indiquant que l’intervention a été un succès.
« C’était extrêmement gratifiant de voir ce projet aboutir, de sa conception à l’expérimentation animale jusqu’à sa transposition clinique, et ce, assez rapidement », s’est réjoui Christopher Bruce, premier auteur de l’étude et cardiologue. L’équipe espère voir cette technique validée et adoptée à grande échelle, dans le traitement des maladies coronariennes, notamment lorsque la pose de stent n’est pas possible.
Sources
Source 1 : Bruce CG, Babaliaros VC, Paone G, Gleason PT, Halaby RN, Khan JM, Rogers T, Richter E, Lederman RJ, Greenbaum AB. Percutaneous Aorto-Coronary Bypass Graft to Prevent Coronary Obstruction Following TAVR : First Human VECTOR Procedure. Circ Cardiovasc Interv. 2026 Jan 6 : e016130. doi : 10.1161/CIRCINTERVENTIONS.125.016130. Epub ahead of print. PMID : 41492768 ; PMCID : PMC12778967.
Source 2 “Researchers achieve the first minimally invasive coronary artery bypass”, NIH, 6/01/26.

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