Huit ans, c'est le temps que peuvent mettre les traces d'antibiotiques à disparaitre de votre organisme

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Des chercheurs suédois et australiens ont mis en évidence dans une étude, que certains antibiotiques peuvent impacter votre organisme des années durant, pouvant aller jusqu’à 8 ans. On vous explique.

Il est déjà bien connu que les antibiotiques sont des perturbateurs du microbiote intestinal à court terme. Pour cette raison, leurs usages restent limités dans le temps. Mais qu’en est-il du long terme ?

Une étude menée par des chercheurs suédois et australiens, publiée dans la revue scientifique Nature, a combiné les données individuelles de presque 15 000 adultes, issues du registre suédois des médicaments, afin d’examiner l’association entre la prise de différents antibiotiques et les conséquences sur la flore intestinale sur le long terme.

Quatre classes d’antibiotiques impactent particulièrement le microbiote intestinal

Au cours de l’étude, les chercheurs ont classé les différents antibiotiques en fonction de la durée et de l’intensité de leur impact sur la flore intestinale. Quatre d’entre eux se distinguent particulièrement.

La clindamycine (Cleocin®), un antibiotique utilisé pour traiter les infections bactériennes de la peau comme l’érysipèle, les abcès cutanés ou les furoncles. Parmi tous les antibiotiques testés dans l’étude, celui-ci « était associé à une réduction moyenne de 47 espèces détectées. Son impact sur la diversité de la flore intestinale reste significatif jusqu’à 4 ans après la prise ».

Les fluoroquinolones, utilisées pour traiter les infections graves pouvant engager le pronostic vital, et les flucloxacillines, utile durant les opérations de chirurgie cardiovasculaire et orthopédique, « sont associées à une réduction de la diversité d’au moins 20 espèces, qui peut persister de 4 à 8 années après le traitement ».

Et enfin, la tétracycline, utilisée pour traiter différentes infections sexuellement transmissibles, ou encore dans des cas d’acné sévère, montre également « des associations durables avec une diversité réduite de la flore, jusqu’à 4 à 8 ans après son utilisation ».

À l’inverse, d’autres antibiotiques se sont montrés moins contraignants pour la flore intestinale des patients, comme la pénicilline V, les pénicillines à spectre élargi ou la nitrofurantoïne. Ces derniers n’avaient que « très peu d’association à long terme avec la composition du microbiome », ont affirmé les chercheurs.

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La persistance exceptionnelle de certains antibiotiques inquiète les chercheurs

Dans le cadre de l’étude, les scientifiques ont compris qu’ « un seul cycle de ces antibiotiques spécifiques suffit à influencer la diversité et l’abondance de certaines espèces du microbiome au moment de l’échantillonnage, soit 4 à 8 ans après la prise ».

La récupération naturelle du corps humain semble être plus rapide durant les deux premières années après l’arrêt du traitement, mais passé ce délai, elle ralentit nettement.

Pour les chercheurs, ces altérations persistantes sont préoccupantes, « car elles concernent des espèces liées à la santé métabolique, au risque de diabète de type 2, aux maladies cardiovasculaires et aux maladies inflammatoires de l’intestin ».

Comment restaurer sa flore intestinale après une prise d’antibiotique ?

Les chercheurs affirment que la réponse est très variable d’une personne à l’autre. Mais la récupération naturelle de la flore intestinale peut être aidée via des facteurs extérieurs.

L’alimentation est la première clé qui peut expliquer la variabilité du microbiome d’une personne à l’autre. L’exposition environnementale, grâce à une colonisation de souches bactériennes externes, peut aussi influencer la composition de la flore durant sa phase de récupération.

Les scientifiques assurent toutefois, qu’ « il reste mieux de choisir un antibiotique ayant moins d’impact sur la flore intestinale et de réduire au maximum leur usage ».

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