Derrière le bref répit apporté par les pluies diluviennes de ces dernières semaines, les Pyrénées-Orientales et l’Aude sont toujours à la recherche de solutions pérennes pour avoir de l’eau et faire face aux épisodes de sécheresse.
Le 13 février, l’État et la Région ont donné leur accord de principe sur la possibilité de tirer un nouveau tuyau depuis le Rhône pour venir irriguer les terres assoiffées des deux départements. L’enjeu est de taille puisque, selon les conclusions de la phase 1 d’une étude démarrée l’année dernière, les experts prédisent d’ici à 2070 « une baisse inéluctable de l’hydrologie naturelle, comprise entre -25 % à - 48 % durant l’été ». Dans le même temps, les besoins en eau des cultures vont augmenter de 15 à 30 %.
Baptisée Aqua Littoral, cette extension du Réseau Hydraulique Régional (RHR) devrait apporter entre 40 et 60 millions de m3 d’eau supplémentaires par an. « Le point d’arrivée du tuyau sera bien dans les Pyrénées-Orientales mais en empruntant quel chemin ? Et pour quel coût ? C’est tout l’objet de la phase 2 de l’étude qui vient de démarrer », détaille la Région.
Il faudra dans tous les cas s’armer de patience puisque la mise en service de ce tuyau n’est pas attendue avant une dizaine d’années. « Cet apport en eau ne se substitue pas aux projets locaux déjà engagés ou à venir, qui doivent se poursuivre, et qu’il vient compléter », insiste la Région.
Des procédures très longues
Des projets locaux comme celui de la modernisation du canal de Corbère (Pyrénées-Orientales) qui irrigue actuellement 1 100 hectares de terres agricoles entre avril et octobre. « Ce projet doit nous permettre de réduire nos prélèvements sur la Têt en passant de 20 millions de m3 par an à moins de 14 m3 par an. Grâce à des vannes individuelles automatisées, il sera possible de doser beaucoup plus finement les apports d’eau en fonction des cultures et des besoins », explique Didier Bruzy, arboriculteur et président de l’Asa (association syndicale autorisée). Un projet chiffré à plus de deux millions d’euros.
« Nous sommes prêts mais les procédures sont très longues. La Banque des territoires conditionne l’emprunt à la signature des arrêtés de subventions or les derniers ne seront signés par la Région qu’en novembre et décembre… Cela nous semble difficile d’avoir fini les travaux en 2028 comme cela nous est demandé ». L’Asa plaide pour obtenir une année supplémentaire sauf à voir les procédures simplifiées comme cela est promis et attendu.










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