PORTRAIT - La star espagnole de la pop a inauguré sa tournée à Lyon lundi et chante à Bercy ce soir et vendredi, avant 55 dates à travers le monde.
Passer la publicité Passer la publicitéLe public français a eu l’honneur de découvrir le nouveau spectacle de la diva de 33 ans Rosalia lundi, dans la ville de Lyon. Première étape d’un Lux Tour qui s’achèvera à Porto Rico par un 57e concert, la soirée a été saluée pour son audace et son professionnalisme. Notre pays représente le deuxième marché mondial de la chanteuse après son Espagne natale. La Catalane a été consacrée chez nous avec son troisième album, Motomami, sorti en mars 2022. Sa première prestation en France a eu lieu en juin 2019 dans le cadre du festival We Love Green. Elle s’est produite depuis à la salle Pleyel et à Bercy, où elle fait étape mercredi et vendredi soir. Ce show en quatre actes,dans lequel elle est accompagnée par une vingtaine de musiciens, est un des plus attendus de cette fin d’hiver.
À l’instar de Björk, un de ses modèles, Rosalia révolutionne la pop. Comme son aînée, elle vient d’un pays qui a produit peu de stars internationales de la musique depuis Julio Iglesias. Si l’espagnol est la deuxième langue la plus parlée au monde, elle n’a pas encore détrôné l’anglais comme idiome pop universel. Cette surdouée a commencé la musique par l’étude du flamenco. Native de Catalogne, Rosalia Vila Tobella raconte qu’elle a toujours voulu devenir chanteuse. «Un soir, à table, mes parents m’ont demandé de chanter. Comme je ne connaissais pas vraiment de paroles, j’ai fermé les yeux et improvisé des mélodies. Quand j’ai rouvert les yeux, toute ma famille pleurait.» A l’âge de 8 ans, elle consacre beaucoup de temps à la danse. Sa grand-mère l’accompagne à ses cours. Elle se passionne pour la musique du chanteur de flamenco Cameron de la Isla, disparu l’année de la naissance de la jeune femme, en 1992. Cela l’encourage à poursuivre de solides études musicales au sein de plusieurs établissements. Le week-end, elle se produit dans le cadre de mariages et aussi dans des bars, parmi d’autres musiciens émergents de la scène espagnole.
Elle a 15 ans lorsqu’elle pose sa candidature pour un télé-crochet mais n’est pas sélectionnée. Deux ans plus tard, elle subit une intervention des cordes vocales qui l’oblige au silence pendant un an. C’est avec le groupe de flamenco Kejaleo qu’elle enregistre un premier album, en 2013. Elle collabore bientôt avec la célèbre compagnie espagnole La Fura Dels Baus. Sa réputation monte vite, très vite. Pendant une prestation dans une salle de Barcelone, elle rencontre le producteur Raül Refree. Elle signe rapidement un contrat d’enregistrement avec la multinationale Universal Music et s’installe en Californie. Son premier album solo, Los Angeles, sort en 2016. Elle y reprend des standards flamencos et aussi le titre de Will Oldham popularisé par Johnny Cash, I See A Darkness. Le succès du disque fait d’elle une candidate naturelle pour représenter l’Espagne à l’Eurovision, mais elle refuse. L’album, très sage, est loin d’annoncer sa carrière à venir.
Comme Taylor Swift et ses albums de country assez classiques qui s’est convertie à la pop internationale, la chrysalide Rosalia commence de manière assez orthodoxe avant de renverser la table. Deuxième album, El Marr querer est aussi son projet de fin d’étude. On y décèle le potentiel déjà énorme de la chanteuse, et son aptitude à conjuguer tradition espagnole et structures pop. L’album, qui révèle la jeune femme au monde entier, est acclamé par une pluie de récompenses. Elle s’embarque dans une tournée mondiale après avoir participé au film de Pedro Almodóvar, Douleur et gloire .
Son troisième album Motomami sort chez Columbia ; c’est un raz de marée qui se classe parmi les meilleures ventes de disques dans dix-neuf pays différents. Rosalia est une star, elle devient une figure admirée pour ses audaces pop et expérimentales, et sillonne le monde en étant célébrée comme une diva. Mais c’est son quatrième album, Lux, sorti en 2025, qui fait d’elle un phénomène rare. Après avoir exploré les métissages sonores entre flamenco, R&B et reggaeton, elle livre un album en dorme de choc sonore. « J’ai écouté beaucoup de musique classique, ça m’a aidé à construire l’album », déclare la trentenaire comme pour prévenir du tournant spectaculaire de Lux. Soit une symphonie pop à l’ambition délirante, truffée d’idées et d’influences canalisées avec beaucoup de virtuosité. La jeune femme s’y exprime en 13 langues, les invités sont nombreux, au premier rang desquels la star islandaise Björk. Rosalía n’a pas froid aux yeux, et livre un disque pharaonique, en quatre mouvements.

il y a 1 hour
1









English (US) ·