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Le parquet a estimé que la justice espagnole est incompétente pour juger des faits qui se seraient déroulés aux Bahamas et en République dominicaine.

Le chanteur espagnol Julio Iglesias, à l’Institut Cervantes de Madrid, en Espagne, le 16 décembre 2011. Le chanteur espagnol Julio Iglesias, à l’Institut Cervantes de Madrid, en Espagne, le 16 décembre 2011.

La plainte pour agressions sexuelles contre le chanteur Julio Iglesias, superstar mondiale des années 1970 et 1980, a été classée sans suite, vendredi 23 janvier. Le parquet a estimé que la justice espagnole est incompétente pour juger des faits qui se seraient déroulés aux Bahamas et en République dominicaine. Selon le document du ministère public consulté par l’Agence France-Presse (AFP), le parquet a retenu un « défaut de juridiction des tribunaux espagnols », notamment en matière territoriale.

Deux anciennes employées de la star ont porté plainte en Espagne, le 5 janvier, assurant avoir été victimes d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel de la part de Julio Iglesias, aujourd’hui âgé de 82 ans. L’une d’entre elles a aussi décrit aux médias ayant révélé l’affaire des faits pouvant être qualifiés de viols.

Selon le parquet de l’Audience nationale, la juridiction spécialisée dans les affaires sensibles dont le siège est à Madrid, les victimes n’étant pas espagnoles et n’habitant pas en Espagne, la personne accusée ne vivant pas non plus sur le territoire espagnol et les faits ne s’étant pas produits en Espagne, la justice espagnole ne peut pas être compétente. Elle ne pourrait l’être que si le pays « où les faits ont eu lieu ne peut pas ou ne veut pas enquêter, ce qui n’a pas été démontré ici », est-il ajouté dans le document.

Messages WhatsApp

Depuis la révélation de l’affaire, à la mi-janvier, le chanteur et son avocat avaient bâti sa défense sur « l’absence de compétence juridictionnelle espagnole pour les faits dénoncés », selon les termes employés par son conseil, José Antonio Choclan.

L’avocat de la star, qui a construit son succès sur son image de séducteur, avait ainsi relevé que « les faits dénoncés se seraient produits entre janvier et octobre 2021 dans les résidences que M. Iglesias possède en République dominicaine et aux Bahamas et non en Espagne », que les plaignantes ne sont pas espagnoles et qu’elles ne résident pas non plus en Espagne.

Le conseil avait fait valoir que les éventuels délits devaient être « poursuivis sur le lieu de [leur] commission » et qu’il n’était « pas possible non plus qu’il soit accordé à la victime un droit d’option sur la juridiction qui lui serait la plus commode ».

Les ONG Amnesty International et Women’s Link Worldwide, qui assistent et conseillent les deux plaignantes, avaient expliqué que la plainte avait été déposée en Espagne, parce que la législation y était plus favorable dans ce type d’affaires.

Elles ont qualifié la décision du parquet de « regrettable » et ont assuré que les deux femmes « continueront à se battre pour la justice et auront recours aux voies légales disponibles », selon un communiqué repris par le site elDiario.es, l’un des deux médias ayant révélé l’affaire. En début de semaine, l’octogénaire avait diffusé sur les réseaux sociaux des captures d’écran de messages WhatsApp échangés avec les deux plaignantes, dévoilant leur identité.

Né en 1943, Julio Iglesias reste pour toute une génération l’interprète de succès, comme Je n’ai pas changé et Pauvres diables (« Vous les femmes »). Il avait vu sa carrière décoller dans les années 1970, devenant l’artiste hispanophone – et à plus forte raison l’artiste espagnol – ayant vendu le plus de disques dans le monde, avec des centaines de millions d’albums écoulés.

Le Monde avec AFP

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