Les élections municipales vues de l'étranger : "Les extrêmes bousculent l’ancien monde"

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"Le nouvel épisode d’un cycle électoral long et tumultueux", note El País. Si ce scrutin concerne avant tout des enjeux locaux, les élections municipales, dont le premier tour s'est tenu dimanche 15 mars, a attiré l’attention des médias étrangers. Pas de Une mondiale, mais ces résultats sont déjà analysés comme un baromètre avant la présidentielle de 2027. The Guardian évoque un "test crucial du climat politique", soulignant que "les partis d’extrême droite et de gauche radicale" pourraient consolider leur ancrage local. De son côté, nos voisins suisses du Temps poursuivent les images météorologiques, qualifiant ce scrutin de "thermomètre du pays avant le grand rendez-vous électoral".

Pendant des années, les maires et conseillers municipaux français – notamment dans les grandes villes – ont été dominés par les partis historiques : socialistes à gauche, Républicains à droite. Mais les cartes sont en train d’être rebattues. "L’extrême droite et la gauche radicale bousculent l’ancien monde", constate Le Soir. Le bloc central sort lui aussi affaibli de ce premier tour, comme à Lille (Nord), où la candidate Renaissance, Violette Spillebout, peine à dépasser 10 %. "Ces résultats constituent un vote de censure clair contre le président de la République après neuf années à la tête du pays", tance le quotidien argentin La Nacion.

De son côté, le Financial Times met en avant “les gains enregistrés par l’extrême droite”. “Pour Marine Le Pen et son lieutenant du Rassemblement national, Jordan Bardella, le premier tour confirme les progrès de leur stratégie d’expansion dans le sud, destinée à compléter leur bastion historique du nord industriel”, souligne le quotidien économique.

"Des négociations cruciales"

À Paris, c’est le résultat du premier tour qui focalise l’attention sur le site d’El Pais : "Le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, bras droit de la maire sortante Anne Hidalgo, devance l’ancienne ministre Rachida Dati." De son côté, le journal italien La Repubblica, de centre gauche, publie une interview d’Anne Hidalgo : "La capitale a changé, mais rien n’est irréversible. Si Rachida Dati gagne, ce serait un scandale."

De son côté, Politico se projette déjà vers le second tour, prévu dimanche 22 mars. "Les résultats du premier tour annoncent des négociations cruciales. La course est lancée pour conclure des accords avant la date limite de mardi soir pour finaliser les candidatures au second tour." Le site accorde par ailleurs une mention spéciale à l’ex-Premier ministre Edouard Philippe, qui va "probablement éviter un désastre au Havre, ce qui l’aurait écarté de la course à la présidentielle de l’année prochaine."

Des alliances "probablement déterminantes"

Le média américain insiste sur l’importance d’alliances "probablement déterminantes" pour remporter les grandes villes françaises. Il cite notamment les métropoles du Sud – Marseille, Nice, Toulon – où le Rassemblement national a enregistré de solides scores, mais où ses adversaires pourraient s’unir pour faire barrage. "Des questions se posent quant à la viabilité du front républicain, cette alliance de partis fusionnant ou se retirant depuis des décennies pour empêcher le Rassemblement national de l’emporter", souligne de son côté Bloomberg.

Dans le New York Times, l’actualité française peine à s’imposer face à la guerre au Moyen-Orient, à la crise du pétrole et à la cérémonie des Oscars. Pourtant, dans un reportage consacré à Marseille dimanche, le quotidien rappelle : "Depuis le rétablissement de la démocratie en France après la Seconde Guerre mondiale, l’extrême droite n’a jamais gouverné Marseille, la deuxième ville du pays."

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