Idées. Le modèle américain se nourrit de cerveaux venus du monde entier, qui acceptent de gagner moins et travailler plus, pour le plus grand bonheur des géants de la tech.
Publié le 15/03/2026 à 07:30
Donald Trump, le mercredi 4 février 2026, à la Maison-Blanche.
REUTERS/Nathan Howard
Depuis qu’ils existent, les États-Unis sont un incinérateur de talents et de la rage de vaincre. Depuis qu’ils sont un géant géopolitique, soit depuis la Deuxième Guerre mondiale, ils attirent en particulier the best and the brightest. C’est même devenu l’une des conditions de leur hégémonie. L’intégration des brillants cerveaux venus, d’abord, surtout d’Europe, puis principalement d’Asie a alimenté la machine d’excellence que sont leurs universités, laboratoires, entreprises de pointe ou, encore, studios de cinéma. Si bien qu’en montant dans une hiérarchie américaine, le pourcentage des "récemment arrivés" augmente invariablement. Ce qui n’a pas posé de problèmes insurmontables tant que ces cerveaux entraient dans le pays dans les mêmes conditions que les autres immigrés pour devenir des Américains, arrivés comme eux, simplement avant.
Notons, toutefois, que la forte corrélation entre excellence et extranéité dit quelque chose de gênant sur le "modèle" américain. Il se nourrit d’une matière première qu’il ne produit pas, ou insuffisamment. Plus les immigrés deviennent de "vrais" Américains, plus ils sont médiocres (et, intégration visible, aussi plus corpulents en se fondant dans une population dont 40% sont obèses et 30% additionnels ont du surpoids).
Cheval de Troie
Il y a six mois, Donald Trump a tiré une balle dans les pieds d’argile du colosse qu’est l’Amérique. Il a frappé le visa pour des immigrants "hautement qualifiés" — le H-1B, créé en 1990, dans l’euphorie de la mondialisation — d’une surtaxe de 100 000 dollars pour l’entreprise privée ou l’institution, telle qu’une université ou un hôpital, qui recrute à l’étranger. En décuplant ainsi le coût pour faire venir une perle rare pendant trois ans (éventuellement prolongeable jusqu’à six ans), Trump a cassé la rentabilité du dispositif parce que seuls des salariés gagnant l’équivalent de 16 000 euros par mois justifieraient cette mise de fonds initial. Or, selon une enquête du New York Times, la majorité des bénéficiaires du H-1B gagnent entre 5 400 et 9 000 euros, un barème de salaires certes élevé mais pas exceptionnel pour des pépites. Bien pire, ces recrues étrangères sont en règle générale moins bien payées que l’auraient été, à qualification égale, des Américains.

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