Drame criminel et redoutable critique sociale, Les Noces rouges de Claude Chabrol (diffusé lundi 16 mars 2026 à 20h55 sur Arte) est inspiré d’un terrible double assassinat, survenu quelques années plus tôt. Retour sur le fait divers qui a inspiré l’oeuvre.
Grand lecteur, Claude Chabrol a souvent adapté des polars ou des romans noirs pour créer ses films. Mais les faits divers ont parfois été sa source d'inspiration, comme en témoigne l’affaire des amants de Bourganeuf, Bernard Cousty et Yvette Balaire. Le double meurtre perpétré par le premier pour vivre son amour avec la seconde a défrayé la chronique dans la Creuse et au-delà suscitant l’intérêt de Chabrol, qui y vit matière à film.
Un terrible double assassinat qui défraye la chronique
Historique de l’affaire : à la fin des années 1960, entre Aubusson et Bourganeuf, dans la Creuse, Bernard Cousty, marié, vit une histoire d’amour avec Yvette Balaire, elle aussi mariée. Si leur aventure n’est pas vraiment secrète, nul ne soupçonne que Cousty est l’assassin de son épouse, un soir de décembre 1969.
La police ne comprend pas tout de suite non plus que la mort du mari d’Yvette Balaire, attribuée au départ à un accident de la route, est en fait un meurtre, également commis pas Bernard Cousty. L’enquête, entachée d’erreurs de procédures, permettra même à Cousty d’éviter la peine de mort, qui sera in fine commuée en emprisonnement à perpétuité.
Tandis que l’affaire fait couler de l'encre dans la presse locale, puis nationale, Claude Chabrol y voit de quoi écrire le scénario des Noces rouges (diffusé lundi 16 mars 2026 à 20h55 sur Arte). Ses deux précédents films n’étaient pas des temps forts de sa filmographie. La Décade prodigieuse, adapté d’un roman d’Ellery Queen, avec Orson Welles, fut un échec critique, et Docteur Popaul, avec Jean-Paul Belmondo, un succès, certes public, mais qui n’a pas marqué ses admirateurs.
Claude Chabrol retrouve l'inspiration avec le fait divers
Tourné entre les deux procès de Bernard Cousty, Les Noces rouges voit même sa sortie légèrement décalée, afin que sa distribution en salles ne nuise pas à la sérénité des débats. Et le film, justement ? C’est pour Chabrol une forme de retour à ses oeuvres précédentes Docteur Popaul et La Décade prodigieuse, des films comme La Femme infidèle, Juste avant la nuit ou Que la bête meure. Le réalisateur y mêle, comme il sait si bien le faire, intrigue policière et observation aussi fine que cruelle de la bourgeoisie de province.
Magnifiés par la photo automnale de Jean Rabier, Stéphane Audran, alors mariée à Claude Chabrol, et Michel Piccoli incarnent brillamment les amants maudits, librement inspirés de ceux du terrible fait divers. Dans le rôle du mari trompé puis victime du couple, Claude Piéplu campe avec gourmandise un député-maire ridicule et pathétique. Succès publique et critique, Les Noces rouges reste aujourd’hui considéré comme un des films qui compte dans la filmographie de son auteur.
Cinq ans plus tard, Claude Chabrol revient, avec succès, au fait divers avec Violette Nozières, toujours avec Stéphane Audran (qui recevra un César pour ce film), et qui va marquer le début d’une collaboration fructueuse entre le cinéaste et Isabelle Huppert.
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