« Lundi sera chômé et payé » : à Dakar, la folie s’empare de tout un pays, le Sénégal en liesse après la victoire à la CAN

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Des pas de danse endiablés, des cris de joie, des coups de klaxon, des détonations de feux d’artifice : la capitale sénégalaise Dakar et sa périphérie étaient en ébullition dimanche soir, avec des centaines de milliers de supporters dans les rues après la victoire 1-0 à Rabat des Lions de la Teranga en finale de la CAN face au Maroc, pays hôte de la compétition.

A Dakar, c'est tout un pays qui a fêté la victoire. Photo REUTERS/Zohra Bensemra

A Dakar, c'est tout un pays qui a fêté la victoire. Photo REUTERS/Zohra Bensemra

La ville et sa grande périphérie ont explosé de joie après le coup de sifflet final de la rencontre qui a vu le Sénégal s’imposer 1-0 grâce à un but de Pape Gueye en prolongation. C’est le deuxième sacre du Sénégal, après celui remporté en 2022, au Cameroun, mais également la troisième finale disputée par les Sénégalais lors des quatre dernières éditions.

En tenues de sport et affichant des sourires radieux, le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko sont sortis du palais de la République pour aller à la rencontre de supporters qui s’étaient réunis devant les lieux. « La joie est indescriptible », a déclaré le président sénégalais. « Nous sommes passés par toutes les émotions ».

L’accueil des joueurs très attendu

Il a ajouté que la journée de lundi serait « chômée et payée » afin que les Sénégalais puissent profiter de ce moment de communion de tout un pays. Il a prédit un « accueil chaleureux » à l’équipe du Sénégal à son retour du Maroc. « Nous avons vu des patriotes et des hommes de devoir sur le terrain, a-t-il aussi lancé. Ils se sont battus pour notre honneur et notre dignité, c’est une victoire de tout le peuple sénégalais. »

Ce moment de réjouissance et d’immense joie est l’un des rares qu’ait connu ces dernières années le pays, qui a vécu entre 2021 et 2024 de graves troubles politiques ayant fait des dizaines de morts. Le Sénégal est aussi confronté actuellement à une situation économique et sociale très difficile.

Les scènes de liesse se sont multipliées dans la capitale où des centaines de milliers de supporters sont descendus dans les rues pour célébrer ce sacre dans une ambiance assourdissante, au milieu des drapeaux du Sénégal, omniprésents, accrochés aux immeubles, sur les véhicules, sur les artères et les trottoirs de la capitale.

L’ambiance était indescriptible sur la place de la Nation où une immense fan zone a été installée depuis le début du tournoi. Les lieux ont vibré au son des klaxons des voitures, des vuvuzelas, des sifflets, des cris de joie, des pétards et feux d’artifice, des chansons à la gloire de la sélection.

« J’ai cru que mon cœur allait rompre »

Une atmosphère similaire régnait également au Monument de la Renaissance, statue monumentale dans la zone du quartier des Mamelles qui domine Dakar, au pied duquel était également installée une fan-zone avec plusieurs centaines de supporters. Des Sénégalais enthousiastes chantaient, dansaient ou s’enlaçaient au milieu de la cohue.

Torse et pieds nus, Issa Diouf, 23 ans, a parcouru une quinzaine de kilomètres, malgré la fraîcheur du mois de janvier à Dakar et le vent, pour se rendre place de l’Indépendance, où des centaines de personnes ont afflué pour fêter la victoire dans une grande allégresse.

« Je suis trop heureux, j’ai longtemps rêvé de cette victoire. Le Maroc a tenté de résister mais le Sénégal était plus fort », jubile-t-il, un bandeau aux couleurs vert, or, rouge du Sénégal ceignant sa tête.

Maillot du Sénégal sur le dos, Maïmouna Sow, elle, n’en revient toujours pas de cette victoire dans ce match marqué par un océan de confusion et une tension électrique qui auraient pu le faire basculer dans le chaos.

Comme de nombreux supporters, elle raconte être passée par toutes les émotions : des larmes après le pénalty sifflé en faveur du Maroc dans le temps additionnel de la seconde mi-temps… à une joie immense après le but de Pape Gueye (1-0, 94e). « J’ai cru que mon cœur allait rompre. Je n’ai jamais ressenti des émotions aussi fortes », a-t-elle confié.

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