L'affaire Laura Stern arrive sur France 2 ce mercredi 11 mars 2026. Valérie Bonneton y incarne une pharmacienne prête à passer à l'acte pour sauver des femmes victimes de violence. Marie Kremer, co-scénariste de la série, s'est livrée à Télé-Loisirs.
L'affaire Laura Stern (notre avis)… ou l'affaire de tous. Alors que 167 féminicides ont encore endeuillé la France en 2025, Marie Kremer (vue dans Un village français) et Frédéric Krivine (Infiltré(e), Un village français), les auteurs de cette série en quatre épisodes qui n'est pas inspirée de faits réels, lancent un cri du cœur contre les violences faites aux femmes.
Portée par Valérie Bonneton, la nouvelle fiction de France 2, suit Laura, une pharmacienne à la tête d'une association d'aide aux victimes de violences conjugales, qui fait un choix lourd de conséquences : tuer pour sauver. Marie Kremer s'est confiée à Télé-Loisirs sur cette fiction poignante.
Valérie Bonneton : Un choix évident pour Marie Kremer
Télé-Loisirs. Comment vous est venue l'idée de L'affaire Laura Stern ?
Marie Kremer : D'une sensation d'étouffement. Un mélange entre des expériences qui m'étaient propres et celles de femmes autour de moi. Je trouve qu'après la vague de MeToo, qui a libéré la parole et qui a été très importante, les médias sont allés beaucoup plus vite que la réalité.
Dans le foyer intime des gens, il y a toujours une place pour une violence sourde... Et j'ai pu collaborer avec Frédéric Krivine. J'avais besoin, pour la première série que j'écrivais vraiment, de m'adosser à un grand scénariste.
Avez-vous échangé avec des femmes victimes de violences pour écrire le scénario ?
J'ai été très longtemps en immersion dans un centre pour femmes qui s'appelle Solidarité Femmes 13 à Marseille. J'ai beaucoup écouté. Je me suis beaucoup tue. Et, au bout d'un moment, je faisais comme partie d'elles.
Il y a eu un gros travail d'investigation. Ce qui m'a marquée, en côtoyant ces femmes, c'est leur force, leurs rires et leur joie qui dépassent tout. Quand on se sort de ces histoires-là, il y a une énorme envie de vivre.
Aviez-vous Valérie Bonneton en tête pour le rôle de Laura ?
Non. C'est Akim Isker (le réalisateur, aussi à l'œuvre dans Double je, ndlr) qui a apporté Valérie Bonneton. Quand on l'a rencontrée, on a été convaincus. C'est une personnalité à même de porter ce personnage car elle est assez proche du public pour qu'on puisse s'identifier à elle. Et il y a quelque chose de très humain dans son écoute.
"Ni une héroïne, ni une serial killeuse" : Marie Kremer évoque le personnage de Laura Stern
Cette série s’adresse également aux hommes ?
C'était une exigence totale. On ne fait pas une série contre les hommes. Quand Laura se promène avec le personnage de Camille, qui vient de perdre son mari abusif, celle-ci lui dit : "Vous ne l'aimiez pas beaucoup" et Valérie répond : "Je n'aimais pas ce qu'il vous faisait". Ce n'est pas l'homme qu'on n'aime pas, c'est ce qu'il nous fait.
La fiction va certainement créer des débats au sein des foyers…
C'est un mur qu'on doit casser. C'est encore un endroit qui est masculin. Évidemment, j'espère que ça provoquera des débats, ça doit soulever des questions au sein des foyers. Ce qui compte à partir de maintenant, c'est la manière dont on élève nos fils et nos filles. On doit oser leur parler, aller vers la sensibilité.
À travers le personnage de Camille, vous évoquez l’emprise psychologique, est-ce un sujet encore trop peu abordé ?
Oui. On a fait une belle projection avec les femmes de la série et il y en a une qui a précisé à quel point les bleus, on les voit sur nos corps, mais ceux qu'on nous fait à l'âme, personne ne les voit. Il faut qu'on en parle. Quand on est victime d'emprise, on meurt à petit feu.
La question de la culpabilité de Laura n'est pas tranchée…
Ce qu'elle a fait, elle n'a pas pu s'en empêcher. Elle est sûre que ces femmes allaient mourir si elle n'intervenait pas. Elle réalise que tuer n'est pas la solution, mais alors que faire ? Quand on prévient la justice, une femme a le temps de mourir avant qu'ils ne réagissent. On ne fait ni de Laura une héroïne, ni une serial killeuse.

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