C’est devenu un classique. Depuis plusieurs années, la grande majorité des équipes placent un joueur couché derrière le mur en cas de coup franc bien placé. Un rôle ingrat, une situation presque risible pour les observateurs mais qui force le tireur à contourner le mur. Ce mercredi soir, l’Olympique de Marseille a pourtant fait un autre choix face à Liverpool en Ligue des champions. Et il l’a payé cher (0-3).
Après avoir résisté aux assauts des Reds pendant toute la première période, les Phocéens ont été assommés par l’intelligence de Dominik Szoboszlai. Profitant d’un coup franc à 25 m provoqué par une faute aussi évidente qu’idiote de Leonardo Balerdi, le milieu de terrain hongrois a trouvé l’ouverture à ras de terre sur la gauche de Gerónimo Rulli, totalement impuissant sur ce coup (0-1, 45e + 1).
Le rêve était terminé. La tactique foutue en l’air. Pendant 45 minutes, les Marseillais s’étaient pourtant appliqués à ralentir le jeu, à tenter de conserver le ballon sans prendre de risques, sans s’exposer à des contre-attaques des flèches anglaises. On a ainsi vu Balerdi enchaîner les séquences de possession stérile au cœur de la défense. Suffisant pour garder le 0-0 mais peu emballant, d’autant que les erreurs techniques se sont accumulées.
« Je suis dégoûté par rapport au match qu’on a fait »
Les hommes de Roberto De Zerbi se sont tout de même créé deux petites occasions. Mais Benjamin Pavard a été trop court pour reprendre le centre de Hamed Traoré (11e), tandis que la frappe d’Amine Gouiri a été repoussée par Alisson (27e). Les Reds ont, eux, été plus dangereux, avec une belle frappe d’Alexis Mac Allister (19e), un but annulé pour hors-jeu d’Hugo Ekitike (23e) et une subtile déviation de Mohamed Salah sur le toit du but (40e).
Perdu pour perdu, l’Olympique de Marseille, qui avait rendu hommage avant le match à Rolland Courbis lors d’une belle minute d’applaudissements, a lâché les chevaux après la pause. La lumière est évidemment venue du meilleur buteur de la Ligue 1, Mason Greenwood, qui a réussi à faire vaciller la défense des Reds par ses raids solitaires. D’une frappe tendue, l’Anglais a forcé Alisson à se détendre (52e). Sa tentative du pied gauche a ensuite été contrée par un défenseur adverse (53e).

Si l’audace peut parfois payer, elle peut aussi coûter cher. L’ancien Parisien Hugo Ekitike, conspué pendant l’échauffement mais intenable pendant toute la rencontre, est passé à quelques centimètres d’enterrer définitivement les Marseillais. Sa reprise du droit a toutefois heurté le poteau de Rulli (59e). Le coup de grâce est finalement tombé à la 72e minute, lorsque le gardien argentin a poussé le ballon dans son propre but après un énorme travail de Jeremie Frimpong. Cody Gakpo a scellé l’affaire dans les dernières secondes (90e + 2). « Je suis dégoûté par rapport au match qu’on a fait, il faut digérer », a confié Facundo Medina.
Un déplacement décisif à Bruges
Pour Marseille, tout se jouera donc mercredi prochain, lors de la 8e et dernière journée de Ligue des champions, avec un déplacement au Club de Bruges sans Benjamin Pavard, suspendu pour un trop plein de cartons jaunes. Un défi à la portée des Phocéens face à une équipe belge qui, malgré une large victoire face à Kairat Almaty mardi (1-4), est à la peine depuis plusieurs semaines.
En décembre dernier, les Brugeois ont licencié leur coach Nicky Hayen à la surprise générale, le remplaçant par l’ancien de la maison Ivan Leko. Un choix critiqué par l’ancien coach de l’OM Rudi Garcia, désormais sélectionneur de la Belgique, et qui ne convainc pas. La porte est donc ouverte pour les Marseillais, d’autant qu’un point devrait suffire pour disputer les barrages de cette C1.












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