Tech. Technologie, énergie, géopolitique... Les data centers, en pleine expansion, sont au cœur des défis de notre époque. Les futurs maires y seront de plus en plus confrontés.
Publié le 15/03/2026 à 08:00
Un technicien travaille dans un centre de données IA d'Amazon Web Services à New Carlisle, dans l'Indiana, aux États-Unis (illustration)
REUTERS
Ils poussent comme des champignons. Et ce n’est pas près de s’arrêter. La France est de loin le pays qui a recueilli le plus d’investissements étrangers pour la construction de data centers (ou centre de données) en 2025 dans le monde : près de 60 milliards d’euros. Les dernières éditions de Choose France ou du Sommet international de l'IA soulignent sa forte attractivité dans ces constructions qui hébergent et font transiter nos données. Pour des questions de connectivité, les régions parisiennes et marseillaises sont les plus prisées des promoteurs. Mais depuis peu, leur toile s’étend partout de Bordeaux au Grand Est en passant par Cambrai dans le Nord, qui devrait accueillir l’énorme projet du Canadien Brookfield. L’exécutif a mis sur pied une stratégie et un slogan "Plug Baby Plug". L'objectif : devenir un eldorado entrepôts de serveurs partout dans le pays qui exploiteront ses surplus d'électricité. Quelque 63 sites bien raccordés à son parc nucléaire ont déjà été identifiés. La puissance électrique allouée à ces centres de données devrait exploser ces prochaines années, à plusieurs gigawatts. A lui seul, le data center de Cambrai devrait réquisitionner la production équivalente à un réacteur.
Cette emprise croissante suscite encore peu de débats en marge des élections municipales, dont le premier tour aura lieu dimanche. Peut-être car les data centers ne sont pas encore si visibles. Les temps d’instruction, de lancement des constructions, et de finalisation s’étalent sur deux à cinq ans voire davantage. La plupart sortiront de terre durant la mandature des prochains maires, qui s’étirera jusqu’en 2032. Hormis certains projets d’intérêt national majeur, ces édiles peuvent refuser des installations. Ou a minima faire patienter les promoteurs. Un pouvoir colossal. Nul doute que le sujet prendra donc de l’ampleur d’ici là.
Les data centers posent non seulement des questions de consommation en électricité, mais aussi en eau, en foncier. Ils génèrent des nuisances sonores, et même de la chaleur en plein réchauffement climatique. A Châteauroux, au Bourget et ailleurs, ces usines 3.0 commencent à déclencher des levées de boucliers. Un fort vent de contestation souffle aussi dans le reste le monde, notamment dans les zones rurales américaines qui voient fleurir ces constructions par centaines.

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