Avec vue sur Hyde Park et le Palais de Buckingham à deux pas de là, le grand patron de la NBA accueille ses hôtes dans un des plus grands palaces de Londres. Accompagné de son adjoint Mark Tatum et du Grec George Aivazoglou, le directeur général de la NBA pour l’Europe, Adam Silver serre la main avec ce sourire qui l’accompagne tout le temps.
Avant de revenir en 2027 et 2028 à Paris pour des matchs de saison régulière, la NBA a planté cette semaine son drapeau à Berlin puis à Londres. Elle est venue courtiser les deux capitales qui, elle l’espère, rejoindront avec Paris sa future NBA Europe.
La France fera partie de l’aventure et la NBA a toujours deux villes en tête : Lyon avec l’Asvel de Tony Parker et Paris. Adam Silver l’a redit ce samedi à l’heure du thé anglais face à une dizaine de médias européens. « Paris est un marché dans lequel nous voulons absolument être », insiste un des plus puissants patrons du sport mondial. Et quand il pense à Paris, il pense PSG. « Ils jouent au plus haut niveau de compétition en football et ils ont le savoir-faire pour opérer un club de basket au plus haut niveau, si cela les intéresse. Oui, c’est un club avec lequel nous discutons. »
« Le PSG apporte un niveau d’expertise en termes de marketing, de construction d’une marque mondiale »
L’ancien avocat n’a toutefois pas profité de l’aubaine pour confier où en sont ses discussions avec QSI (Qatar Sports Investments). Mais celles-ci existent. « Nous savons très bien qu’à ce jour, le Paris Saint-Germain n’a encore rien en matière de basket-ball. Pas d’équipe, pas encore de structure, reprend Mark Tatum, l’adjoint de Silver plus particulièrement en charge du dossier NBA Europe. C’est le cas pour les clubs de football qui nous rejoindront, je l’espère (Manchester, Rome…). Toutefois l’association du PSG avec Jordan Brand et Kevin Durant (actionnaire minoritaire du PSG) est manifestement liée au basket-ball. Donc, je pense qu’il y a beaucoup de choses que nous voulons et pouvons identifier avec eux en matière de basket-ball. »
Adam Silver rebondit : « L’une des choses très intrigante et donc passionnante à propos du PSG est leur capacité à construire une marque, une culture, une communauté comme ils l’ont réussi dans le football. Il ne fait aucun doute que le PSG apporte un niveau d’expertise en termes de marketing, de promotion, de construction d’une marque mondiale qui est très intéressant. Ils ont aussi une incroyable fan base qui, j’en suis certain, s’intéresse en parallèle au basket-ball. »
Avec le Real Madrid qui devrait quitter l’Euroligue et s’engager auprès de la ligue américaine, la NBA compte clairement sur le PSG pour être une des têtes de gondole de son projet.
« Il y a aussi des choses à regarder aussi du côté du Paris Basketball »
Pour le moment, c’est le prix du ticket d’entrée pour se lancer dans le grand bain qui fait tiquer. Adam Silver le sait. Une somme au-delà de 500 millions d’euros reste la base mais celle-ci sera déterminée en fonction de la puissance du marché de la ville concernée. Avec Paris, le premier marché de la NBA en Europe, il est peu probable qu’il soit revu à la baisse. « Il faut avoir conscience, dit Adam Silver à voix basse, que cette somme n’est pas seulement destinée à construire une équipe pour jouer en NBA Europe. C’est pour construire un projet qui va révolutionner beaucoup de choses avec, à long terme, un retour sur investissement certes lointain dans un premier temps mais semble-t-il assuré. Aux États-Unis, aucune franchise ne perd de l’argent, bien au contraire. »
Le patron de la NBA connaît bien Paris. Il y reviendra donc dans un an puis en 2028 pour deux nouveaux matchs de saison régulière. C’est au passage la preuve de l’attachement de la ligue à la capitale française. Il sait donc qu’il y a un autre club dans la place, qui fonctionne : le Paris Basketball. Mais il laisse George Aivazoglou décrire la situation du club champion de France aux yeux de la NBA.
« Paris est l’une des villes les plus fascinantes pour nous et la période est vraiment intéressante, répond le Grec. Les acteurs du basket-ball à Paris sont positionnés et notre travail est de les rencontrer, de discuter et de dialoguer avec eux. Le PSG est une marque mondiale mais un club comme le Paris Basketball n’existait pas il y a quelques années. Ils ont réussi à galvaniser Paris. Il y a donc aussi des choses à regarder aussi de ce côté-là. »
Il reste quelques mois pour finaliser un projet qui, s’il est mis en place, révolutionnera le sport européen, au-delà du basket. « Nous avons toujours en tête de commencer en 2027, glisse le commissioner. Le temps est compté, c’est très court mais c’est toujours notre plan. »












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