© Alvaro Medina Jurado / Moment / Getty Images
En collaboration avec Dre Audrey Stansal (médecin vasculaire à l'Hôpital Américain de Paris)
Vous rêvez d’un tatouage, mais vous souffrez du syndrome de Raynaud ? Pas de panique. Avec quelques précautions, il est possible de se faire tatouer en limitant les risques.
L'essentiel
Résumé par l’IA, validé par la Rédaction.
Vous rêvez d’un tatouage, mais vous souffrez du syndrome de Raynaud ? Avant de prendre rendez-vous, il est normal de se poser des questions. Peut-on tatouer ses doigts sans risque ? Le froid ou le stress peuvent-ils compliquer la cicatrisation ? On fait le point avec la Dre Audrey Stansal, cheffe du service de médecine vasculaire à l’Hôpital Américain de Paris
Rappel : qu’est-ce que le phénomène de Raynaud ?
Le phénomène de Raynaud touche principalement les doigts et les orteils, parfois le nez ou les oreilles. C’est ce que l’on appelle un acrosyndrome au froid qui témoigne d’une réaction de la microcirculation. « Les petits vaisseaux sanguins des extrémités se contractent de façon excessive lorsqu’il fait froid ou lorsqu’on est stressé. Résultat : le sang circule moins bien, la peau change de couleur et de température », explique la Dre Stansal.
Lors d’une crise typique :
- Les extrémités deviennent blanches, signe d’un manque de sang.
- Elles virent au bleu, lorsque l’oxygène vient à manquer.
- Puis redeviennent rouges quand la circulation revient.
Ces épisodes peuvent s’accompagner de picotements, engourdissements ou douleurs, parfois d’une sensation de brûlure.
Raynaud primitif ou secondaire ?
- Le phénomène de Raynaud primitif, aussi appelé maladie de Raynaud, est la forme la plus fréquente (en moyenne 90 % des cas). Elle n’est pas liée à une autre maladie et touche souvent les jeunes femmes. Les crises sont généralement similaires des deux côtés et disparaissent spontanément.
- Le phénomène de Raynaud secondaire, beaucoup plus rare, et surtout associé à une maladie auto-immune sous-jacente (comme le lupus ou la sclérodermie), des atteintes vasculaires des extrémités, des maladies hématologiques, ou certains médicaments. Les crises peuvent être plus sévères et asymétriques, avec un risque de lésions ou d’ulcères. Un suivi médical est nécessaire pour prévenir les complications !
Se faire tatouer quand on a un syndrome de Raynaud : c’est dangereux ?
Selon la médecin vasculaire, il n’y a pas de risque grave en cas de maladie de Raynaud (phénomène de Raynaud primitif). La cicatrisation peut être légèrement plus lente, surtout si vos doigts sont très sensibles au froid. Mais les précautions habituelles d’hygiène et de soins post-tatouage restent suffisantes. « En revanche, la prudence est de mise si vous souffrez d’un Raynaud secondaire », prévient la Dre Stansal.
Un retard de cicatrisation
Pour cicatriser correctement, la peau a besoin d’un bon apport sanguin. Donc si un tatouage est réalisé sur une zone sujette aux crises, la cicatrisation peut être plus lente.
Dans les formes primitives, cela reste généralement modéré. En revanche, dans les formes secondaires, la Dre Stansal met en garde : certaines personnes présentent déjà des fissures, des ulcérations au bout des doigts. Dans ce cas, tatouer la zone peut aggraver les difficultés de cicatrisation…
Plus de risques d’infections
Une peau qui cicatrise lentement est plus fragile. Le tatouage implique des micro-perforations répétées avec une aiguille. Même si les règles d’hygiène sont respectées, il existe toujours un petit risque infectieux.
Si la circulation est perturbée de façon importante, surtout dans un Raynaud secondaire sévère, ce risque peut être majoré. C’est pourquoi un avis médical est particulièrement important en cas de maladie auto-immune connue ou en cas d’artériopathie !
Quels emplacements posent le plus de risques ?
Les zones les plus à risque sont évidemment les extrémités :
- les doigts,
- les orteils,
- éventuellement les lèvres ou oreilles.
Ce sont les zones les plus sensibles aux variations de température. En plein hiver, les vasospasmes y sont fréquents. Tatouer un doigt au moment où les crises sont quotidiennes n’est pas idéal.
La Dre Stansal résume ainsi la situation :
- Raynaud primitif + tatouage sur un doigt : mieux vaut se faire tatouer en été.
- Raynaud secondaire + atteinte sévère des doigts : prudence importante, voire contre-indication.
Autrement dit, si vous avez déjà eu des ulcérations ou des problèmes de cicatrisation aux extrémités, mieux vaut renoncer à tatouer vos extrémités.
En revanche, le torse, le dos, les épaules, les bras ou les cuisses ne sont pas concernés par les crises de Raynaud. Qu’il s’agisse d’un Raynaud primitif ou secondaire, il n’y a généralement pas de réserve particulière liée à la micro-circulation.
Et le stress pendant la séance ?
Oui, il peut déclencher un vasospasme. « Les émotions favorisent la vasoréactivité », rappelle la Dre Stansal. Un moment chargé en émotion, une salle un peu fraîche, l’appréhension de la douleur… Tout cela peut déclencher un vasospasme, surtout chez les personnes sensibles. Il est donc possible de faire une crise de Raynaud pendant la séance, en particulier si le tatouage concerne les doigts ou les orteils.
Les bons réflexes :
- Arriver détendu(e), reposé(e).
- Choisir une période où vos crises sont rares (idéalement l’été).
- Éviter le tabac et les autres vasoconstricteurs avant la séance.
- Demander à ne pas être installé(e) dans un environnement trop froid.
En résumé, le stress n’interdit pas le tatouage. Mais il peut favoriser une crise transitoire !
Syndrome de Raynaud : comment se préparer pour un tatouage en toute sécurité ?
- Choisir la bonne saison : l’été est préférable pour les extrémités.
- Éviter les vasoconstricteurs : tabac, café, certains médicaments.
- Choisir un tatoueur expérimenté, qui connaît le syndrome de Raynaud (idéalement).
- Garder les mains au chaud avant et après la séance de tatouage.
- Bien hydrater et nourrir la peau les jours précédents.
- Consulter votre médecin si vous n’avez jamais fait d’examen complet du Raynaud pour savoir si votre forme est primitive ou secondaire.
Quels soins après le tatouage quand on a un syndrome de Raynaud ?
- Protéger la zone du froid et du stress.
- Nettoyer et hydrater selon les recommandations du tatoueur.
- Surveiller la cicatrisation : rougeur excessive, pus ou douleur intense doivent pousser à consulter rapidement un médecin.
En résumé, il est possible de se faire tatouer avec le syndrome de Raynaud, mais cela demande un peu de préparation et de vigilance. En choisissant le bon tatoueur et en adoptant quelques gestes simples, vous pouvez profiter de votre tatouage en toute sécurité.
Sources
Entretien avec la Dre Audrey Stansal, médecin vasculaire et cheffe du service de médecin vasculaire à l’Hôpital Américain de Paris.

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