« Quelle nation sérieuse laisse faire ça deux fois ? » : consternation après l’affaire des vols… de serviettes à la CAN

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Mais qui peut bien en vouloir aux serviettes des gardiens de but ? C’est l’une des nombreuses questions qui brûlent, ce lundi, les lèvres au lendemain de la finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc, remportée par les Sénégalais (1-0).

Remise en contexte. La scène, qui a été manquée par la réalisation du match, n’a pas tardé à faire le tour des réseaux sociaux : durant la prolongation, le deuxième gardien des Lions de la Teranga Yehvann Diouf a dû se transformer en garde du corps de la serviette d’Édouard Mendy, convoitée par des jeunes ramasseurs de balle et même par le joueur du PSV Eindhoven Ismael Saibari.

« J’ai été surpris »

Dans plusieurs scènes lunaires, on voit ainsi Saibari se tenir droit comme un piquet entre Diouf et Mendy pour tenter d’intercepter la serviette ou, plus grave, quatre ramasseurs de balle tenter de voler ladite serviette dans les bras de Diouf, allant jusqu’à l’amener au sol sur le terrain, en pleine action et à le traîner par terre.

Avant cela, une autre scène voit des supporters marocains demander à Achraf Hakimi de jeter une serviette, rapidement récupérée par un joueur sénégalais.

« Les serviettes ? J’ai été surpris lorsque j’ai vu qu’ils ont essayé de les prendre, a réagi Diouf après la rencontre en zone mixte. C’était juste des serviettes pour sécher les gants, le visage, rien de plus. Peut-être qu’il y a un peu de folklore autour, mais c’est quelque chose de banal selon moi. »

« Contre le Nigeria, on a vu que les stadiers essayaient déjà de les récupérer. Je ne sais pas pourquoi ils l’ont fait, ce n’était pas fair-play de leur part. J’ai essayé de faire en sorte qu’Édouard soit le plus concentré possible, on avait besoin qu’il soit concentré à 100 % sur le terrain. »

Un vol « stratégique » ?

Mais alors, pourquoi essayer de subtiliser des serviettes ? « J’imagine deux raisons à ça, tente d’analyser l’ancien gardien du PSG Jérôme Alonzo. La première c’est de voler un souvenir qui peut s’avérer précieux, un côté prise de guerre ; la deuxième, c’est stratégique, parce qu’on veut l’empêcher de s’essuyer ou qu’on pense qu’il y a des informations dessus en vue d’une séance de tirs au but. »

Au vu de la pluie battante qui s’est abattue sur le stade en fin de match, la deuxième option semble la plus probable.

Surtout, comme le rappelait Yehvann Diouf, ce geste s’inscrit dans une drôle de dynamique démarrée en demi-finale, lors de Maroc-Nigéria. Déjà, le portier nigérian Stanley Nwabali avait été victime de plusieurs vols de serviettes… Par des stadiers.

Jérôme Alonzo est halluciné. « La fédération marocaine est fautive pour moi. Dans un match comme ça, que le monde entier regarde, quelle nation sérieuse laisse faire ça, DEUX FOIS ? Dans deux matchs ? » L’ancien gardien de but regrette que cela vienne ternir le bilan de cette CAN pour l’organisation marocaine. « Le football marocain, je connais par cœur, le travail de la fédé est phénoménal. Tout est balayé maintenant au niveau de l’opinion publique. C’est la responsabilité de la fédé : ça ne peut pas arriver ! »

« Tu dois avoir dix mecs de l’organisation qui les stoppent à la seconde »

Au-delà du vol de serviette, « personne n’est là pour protéger Diouf », souffle Alonzo. « C’est inacceptable. De tout ce que j’ai vu d’inacceptable dans cette finale, ça c’est la palme. Ça va que c’est tombé sur Diouf, qui est le mec le plus gentil de la terre. Si c’est un gardien qui a mon caractère ou celui d’Olmeta… Il est en droit de leur mettre des claques. Et s’il fait ça, ça part définitivement en vrille. »

« À la seconde où le premier gamin essaye de choper la serviette, tu dois avoir dix mecs de l’organisation qui les stoppent et les dégagent du terrain », pose Alonzo, entre deux rires nerveux. « Tu te rends compte de la situation ? L’image quand il est par terre, il manque plus qu’un coup de pompe dans les cotes. Et personne n’a levé le doigt pour Diouf. On fait quoi ensuite, on essaye de leur voler leurs gants ? »

Une situation qui peut rappeler, toutes proportions gardées, un épisode étonnant du dernier Euro féminin, quand la gardienne anglaise Hannah Hampton avait avoué avoir jeté dans les tribunes la bouteille de sa consœur espagnole Cata Coll, sur laquelle elle avait noté les instructions tactiques pour une séance de tirs au but. Mais ce coup-ci, au moins, aucun stadier n’a été impliqué et aucune joueuse bousculée.

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