Sénégal-Maroc : qui est Pape Thiaw, le sélectionneur sénégalais qui rêve d’offrir sa deuxième CAN à son pays ?

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Loin du tumulte provoqué par chaque intervention médiatique de Walid Regragui, lui avance dans le calme et loin de la lumière des projecteurs même s’il a poussé un coup de gueule ce samedi sur les conditions d’accueil de ses joueurs, vendredi soir, à Rabat. Comme son homologue marocain, qu’il retrouvera en finale dimanche à Rabat, Pape Thiaw n’est plus qu’à un match du titre suprême. Mais contrairement au sélectionneur marocain, le boss des Lions de la Teranga est beaucoup moins connu du grand public.

Nommé à la tête de l’équipe nationale le 13 décembre 2024, après avoir assuré un intérim de deux mois, le natif de Dakar a eu la lourde tâche de succéder à Aliou Cissé, visage du renouveau sénégalais à l’échelle internationale. Âgé de 43 ans, il s’inscrit dans la lignée de la politique fédérale entreprise il y a près de dix ans : faire confiance aux entraîneurs locaux.

Un succès historique au CHAN

Ancien attaquant international ayant évolué à Saint-Étienne, Strasbourg et Metz, Pape Thiaw a entamé sa reconversion sur les bancs en 2018, prenant la tête de l’ASC Niarry Tally dans le championnat sénégalais. Mais c’est seulement quatre ans plus tard que sa carrière décolle réellement. En 2022, à peine nommé entraîneur de l’équipe A’ du Sénégal, il mène ses hommes au premier sacre de leur histoire lors du CHAN (Championnat d’Afrique des Nations), la compétition exclusivement réservée aux joueurs évoluant au sein des championnats locaux, en Afrique.

Élu meilleur entraîneur du tournoi, le technicien en devenir gagne en galon au sein du giron fédéral et intègre le staff d’Aliou Cissé en tant qu’adjoint numéro un. À l’automne 2024, lorsque le contrat de ce dernier n’est pas renouvelé après quasiment dix ans en poste, c’est naturellement que la FSF (Fédération Sénégalaise de football) se tourne vers Pape Thiaw pour prendre la succession, écartant les candidatures de coachs plus huppés comme Habib Beye ou Omar Daf.

« Notre coach est très qualifié »

Durant son intérim initial, le très placide sélectionneur n’a pas tardé à obtenir l’adhésion de ses hommes. « Notre coach est très qualifié », l’avait soutenu son capitaine Kalidou Koulibaly après un succès décroché à domicile contre le Burundi, en octobre 2024. « Il sait ce qu’il fait. Il fait un bon travail. Ce n’est pas un coach par intérim, c’est un coach tout simplement. Nous allons continuer à travailler avec lui et le soutenir ».

Entraîneur à la personnalité calme mais affirmée, le technicien sénégalais a rapidement noué des liens forts avec ses hommes par sa proximité et sa compréhension des jeunes générations. « Il a apporté beaucoup de sérénité dans le groupe qu’il connaissait déjà », avait témoigné Abdou Diallo, absent au Qatar cet hiver. « Nous l’apprécions beaucoup et nous voulons bien faire pour lui. »

Et les résultats suivent : en 22 matchs sous les ordres de leur nouveau sélectionneur, les Lions de la Teranga n’ont perdu qu’une fois, face au Brésil le 15 novembre 2025 en match amical (2-0). Appelé « l’homme aux grands défis » au Sénégal, Pape Thiaw a fait honneur à son surnom cet hiver au Maroc.

Des choix forts sur la route de la finale

Loin d’être arrivé sur la pointe des pieds pour la première grande compétition internationale de sa carrière en tant que sélectionneur, il a su continuer à imposer ses idées malgré la pression. Capable de trancher dans le vif sans prêter attention aux statuts - il n’a pas hésité à placer Nicolas Jackson et Ismaïla Sarr sur le banc en quarts de finale face au Mali après des prestations décevantes en phases de poules -, tout en gérant parfaitement sa star Sadio Mané et l’éclosion du jeune Ibrahim Mbaye, le boss des Lions a réalisé un sans-faute au niveau du management depuis le début de la CAN.

Sur le plan tactique, son équipe a conservé la recette qui l’avait mené au sacre en 2022 : une impressionnante solidité défensive (2 buts encaissés en 6 matchs) à laquelle Thiaw a pris le soin d’ajouter une dimension offensive supérieure.

Plus spectaculaire qu’au Cameroun, le Sénégal possède la deuxième meilleure attaque du tournoi avec 12 buts alors qu’elle n’en avait inscrit que 9 sur le chemin de son succès il y a quatre ans. Pour l’homme des grands défis, il ne reste plus qu’une marche, peut-être la plus haute, avant d’inscrire à vie son nom dans l’histoire de son pays.

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