C’est une scène qui lui avait permis de se révéler aux yeux de l’Europe entière la saison dernière, d’entrer dans la légende et de se forger sa réputation de crack générationnel. Théâtre de son avènement lors du printemps 2025, la Ligue des champions attendait, ce mardi soir, que Désiré Doué retrouve ses habits de lumière afin de lancer une nouvelle épopée continentale qui, jusqu’ici, n’avait pas fondamentalement démarré. Elle attendra encore un peu car sa prestation de ce mardi soir à Lisbonne (2-1) ne lui a toujours pas permis de donner un vrai coup d’accélérateur à cette nouvelle campagne.
Avec seulement 73 minutes disputées et deux apparitions - une titularisation à Leverkusen (avec un doublé inscrit) et une entrée en jeu à Bilbao - c’est peu dire que le champion d’Europe, pas épargné par les blessures, n’a pas répondu aux attentes suscitées par son parcours doré. Sur la pelouse du Sporting Portugal, Désiré Doué était donc un peu plus scruté que certains de ses partenaires, mais il a peut-être, aussi, un peu plus déçu que d’autres au regard du contenu produit.
Installé dans le couloir droit qui lui avait si bien réussi, l’ancien Rennais avait pourtant donné la sensation de retrouver de bonnes vibrations et d’être un acteur prépondérant de cette rencontre. Tonique et dynamique, c’est lui qui a été à l’origine de la première offensive des Parisiens initiée après une longue séquence de possession. Après avoir mystifié le malheureux Araujo, il a intelligemment décalé pour Zaïre-Emery, finalement contré par les défenseurs adverses (4e).
Un manque de simplicité dans le jeu
Profitant du pressing étouffant effectué par ses partenaires, il était encore à l’œuvre quatre minutes plus tard et s’arrachait pour servir dans le bon timing Mayulu, dont la frappe du gauche terminait finalement à côté. Alors qu’il avait signé une première période franchement décevante contre Lille vendredi, avant de réaliser un deuxième acte bien plus consistant, Doué semblait lancer sur les mêmes bases, avec des courses plus tranchantes et des choix judicieux.
La bonne impression initiale s’est, finalement, petit à petit estompée, l’international français donnant la sensation de forcer un peu trop ses choix ou de se compliquer la tâche. On le sait, la marge de manœuvre de Désiré Doué se situe là, dans ces prises de décisions qui pourraient être plus simples (10 ballons perdus à la pause). Mais le champion d’Europe reste, avant tout, ce joueur créatif, ce joueur frisson capable de débloquer un match sur un dribble ou un passement de jambes, à l’image de sa superbe sortie de balle depuis sa partie de terrain débouchant sur le but de Kvaratskhelia (79e).
Un peu plus tôt, le numéro 14 avait d’ailleurs tenté de faire la différence grâce à une inspiration dont il a le secret (38e), mais, comme ses coéquipiers, il a profondément manqué de réussite à la finition. L’attaquant a, globalement, affiché un déficit de justesse dans certains gestes, à l’image de sa frappe non cadrée du pied gauche (68e) et a multiplié, aussi, les touches de balle superflues ou les petits gestes d’agacement qui traduisent le caractère imparfait de sa prestation. L’Europe devra encore attendre avant de revoir la meilleure version de Désiré Doué.












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