« The Beauty » sur Disney + : cette nouvelle série de Ryan Murphy est un carnage

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Un virus qui peut vous rendre beau. L’idée au cœur de « The Beauty », série dont les trois premiers volets sont mis en ligne sur Disney + ce jeudi 22 janvier, est délicieusement intrigante. Adaptée de bandes dessinées américaines, cette fiction est la dernière création de Ryan Murphy, qui collabore pour l’occasion avec Matthew Hodgson, déjà scénariste sur « 9-1-1 » et « Glee », deux autres bébés du premier. Après le succès des trois saisons de « Monstre » sur Netflix et le raté « All’s Fair » sur Disney +, étrillé par la critique, cette nouvelle production est attendue au tournant. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle est particulièrement déroutante.

Le premier épisode démarre lors de la fashion week à Paris, avec une mannequin qui quitte le podium en plein défilé, suant à grosses gouttes et prises d’accès d’ultra-violence. Après une échappée à grande vitesse à moto dans les rues de la capitale française, elle saccage un restaurant en quête de grandes quantités d’eau puis finit par exploser littéralement, au milieu d’un carrefour, encerclée par des CRS. Le temps de quelques minutes, le top model américain Bella Hadid fait une apparition marquante.

La fiction introduit ensuite deux agents du FBI qui vont enquêter sur cet étrange phénomène, ayant déjà fait des victimes dans d’autres pays. À des milliers de kilomètres de là, aux États-Unis, un homme en surpoids passe ses journées devant son écran, à regarder des jeunes femmes se dénuder contre paiement et à échanger sur des forums d’incels (célibataires involontaires) pour déverser son mal-être. Le deuxième volet vient ajouter un assassin borgne puis un milliardaire à une intrigue, qui peine à aborder clairement cette notion de virus qui rend beau.

Le récit a des airs de gloubi-boulga indigeste

Il faut attendre la moitié de cette première saison, qui compte 11 épisodes, pour réellement comprendre les enjeux de « The Beauty ». Le problème inhérent à la série est de partir dans tous les sens. S’agit-il d’une enquête policière ? D’un thriller horrifique ? D’une critique de la société où le paraître prend le pas sur le reste ? D’une réflexion sur le mal-être mental et physique, en particulier chez les adolescents ? C’est un peu tout ça à la fois. Mais au lieu de combiner l’ensemble de ces éléments pour faire mouche, le récit à des airs de gloubi-boulga indigeste. Avec un côté très gore qui séduira certains, peu ragoûtant pour les autres.

Ryan Murphy se fait plaisir derrière la caméra des épisodes 1 et 3, qu’il a notamment posée à Paris, Venise et Rome. L’esthétique de la série est souvent flamboyante mais l’enchaînement d’épisodes aux durées très disparates (de 24 à 52 minutes) nuit à la fluidité de la série. Certes, quelques revirements de situation sont très malins et relancent le scénario dans des directions inattendues. Au contraire, d’autres paraissent complètement tirés par les cheveux et manquent de cohérence. Plus l’action avance, plus la frustration est grande tant les bonnes idées sont mal exploitées.

C’est d’autant plus dommage que du côté des comédiens, la qualité est là. Evan Peters, habitué des séries de Ryan Murphy (« American Horror Stoy », « Pose », « Monstre : l’histoire de Jeffrey Dahmer ») incarne l’agent du FBI Cooper Madsen. Sa palette de jeu rend le personnage sympathique et il impressionne lors de quelques scènes en français ou en italien.

Ashton Kutcher est parfait dans la peau d’un milliardaire cherchant à commercialiser le fameux virus et Anthony Ramos est glaçant dans le rôle de l’assassin à la solde de ce dernier. Coup de cœur également pour Isabella Rossellini qui interprète la femme du milliardaire et profite de tenues extravagantes à souhait… Il y avait ici tous les ingrédients pour concocter une grande série. Mais ce n’est pas « The Beauty ».

La note de la rédaction :

1.5/5

« The Beauty », série américaine de Ryan Murphy et Matthew Hodgson (2026) avec Evan Peters, Ashton Kutcher, Anthony Ramos… Épisodes 1 à 3/11 (45,24 et 43 minutes). Un volet ajouté chaque jeudi, puis deux le 26 février et les deux derniers le 5 mars.

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