The last dance… Depuis quelques saisons, l’époque dorée du tennis des années 2000-2010 n’en finit plus de s’achever au rythme de la valse des retraites. Cette fois, c’est au tour de Gaël Monfils, 39 ans et ex-n°6 à l’ATP, et Stan Wawrinka, 41 ans dans deux mois et feu n°3, de tirer leur révérence.
Préparez les mouchoirs. Après plus de deux décennies à courir les courts de la planète, l’électrisant homme élastique et celui du revers à une main à la fois élégant et brutal rangeront leurs raquettes à l’automne. La tournée d’adieu des Grands Chelems commence cette semaine à l’Open d’Australie.
« Je crois vraiment que j’ai pressé le citron jusqu’à la dernière goutte », résume avec humour le Suisse, opposé au premier tour ce lundi au Serbe Laslo Djere, dans le Guardian. Qu’importent les blessures, le manque de résultats, l’ère Covid, la baisse physique, l’arrivée d’une petite Skaï en 2022 pour le Français ou un classement désormais à trois chiffres. Leur amour du jeu les a toujours conduits à repousser l’échéance fatidique.
Le Parisien aurait pourtant pu arrêter il y a longtemps. « La pandémie m’a fait vraiment mal, surtout en tant que personne plus que sportif, nous expliquait-il en 2024. Mais ma femme a réussi à trouver les mots pour que je m’accroche à ce que j’aime, les choses simples. J’aime jouer, me dépenser, m’entraîner sans calcul, les tournois… »
À tel point que la n° 12 mondiale Elina Svitolina, Mme Monfils, n’a jamais pu vraiment l’imaginer ailleurs qu’en train de faire lever les foules et se nourrir de l’énergie du public. « J’adore le regarder jouer, le spectacle qu’il offre. C’est génial pour le tennis d’avoir quelqu’un comme lui, nous confiait-elle en 2025. Je ne sais pas comment je réagirai le jour de l’arrêt. Ce sera un moment à la fois joyeux et triste pour tout le monde. Pas seulement pour moi, mais vraiment tout le monde. »
« C’est unique d’avoir une relation aussi longue et aussi bonne que la nôtre »
Monfils et Wawrinka, liés par une vraie amitié et une proximité géographique en Suisse, ont marqué leur discipline. À leur manière. Le premier par sa magie, son charisme ou ses coups de défense venus d’ailleurs. Le second en étant celui qui aura accompli l’exploit impensable de remporter trois Grands Chelems (Australie 2014, Paris 2015 avec un short à carreaux passé à la postérité et New York 2016) pendant la domination du Big Four.
« C’est un sentiment incroyable. Nous avons commencé ensemble, nous allons probablement finir ensemble, glissait de façon prophétique La Monf il y a deux ans. C’est une légende. Je pense que je suis un bon joueur, mais c’est une légende, alors pour moi, être à ses côtés sur le court est un privilège. C’est unique d’avoir une relation aussi longue et aussi bonne que la nôtre. Je suis donc plus qu’heureux de pouvoir profiter de la fin de ma carrière avec lui. »
La réponse n’avait pas tardé à fuser. « Quand je vois ce qu’a fait Gaël toutes ces années et quand je vois ce qu’il fait encore, pour moi, c’est un champion, soufflait Stan The Man. Être un champion, ce n’est pas seulement gagner un Grand Chelem. Sa carrière est exceptionnelle aussi et on le voit encore, il fait rêver sur le circuit. »
Pour leurs ultimes rendez-vous avant leur deuxième vie, les duettistes n’ont pas envie de faire de la figuration. Avant de débarquer à Melbourne, où il a bénéficié d’une invitation, Wawrinka s’est ainsi offert quatre matchs costauds en trois sets (dont une victoire contre Arthur Rinderknech) à l’United Cup.
« Je suis heureux de jouer cette saison tout en restant compétitif et performant. Je ne voulais pas m’arrêter brusquement à cause d’une blessure ou d’imprévus, qui peuvent toujours arriver à ce niveau, note-t-il. Je ressens toujours la passion pour ce sport et je suis totalement concentré. Je suis un compétiteur et j’ai encore envie de gagner des matchs. »
Monfils, lui, affrontera le qualifié local Dane Sweeny et sort d’une défaite au 1er tour du tournoi d’Auckland, dont il était tenant du titre. Avec une encombrante lance maorie en souvenir mais un corps qui siffle un peu et des ambitions plus mesurées. « Le but, c’est essayer de se faire plaisir. J’ai envie de bien jouer. Et pour moi, bien jouer, ça reste quand même quand je m’amuse, lance-t-il. Si tu joues des gros matchs, prendre du plaisir, pouvoir répondre de la plus belle des façons. »












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