Voilà qui ne va pas plaire à Donald Trump, critique habituel des énergies renouvelables, et qui a pointé cette semaine le goût des Européens pour les éoliennes : les centrales éoliennes et solaires ont pour la première fois produit plus d’électricité dans l’Union européenne en 2025 que les énergies fossiles, selon un rapport du centre de réflexion sur l’énergie Ember publié jeudi.
Au total, les deux énergies issues du vent et du soleil « ont généré un record de 30 % de l’électricité de l’UE, devançant les énergies fossiles (29 %) », indique le think-tank dans son rapport annuel intitulé European Electricity Review. « Ce moment historique montre à quelle vitesse l’UE évolue vers un système énergétique reposant sur l’éolien et le solaire », s’est félicité Beatrice Petrovich, auteure du rapport. « Alors que la dépendance aux énergies fossiles alimente l’instabilité dans le monde, les enjeux de la transition vers les énergies propres sont plus évidents que jamais », a-t-elle ajouté.
Cette première est portée principalement par l’énergie solaire, dont la production a augmenté de plus de 20 % pour la quatrième année consécutive, indique Ember. Elle représentait en 2025 13 % de l’électricité produite dans l’UE, un record, devant l’électricité issue des centrales à charbon et hydroélectriques.
L’éolien a représenté 16,9 % de l’électricité produite l’an dernier, en léger recul en raison d’une météo moins venteuse en début d’année, tandis que l’hydraulique a reculé plus fortement du fait de précipitations moindres qu’en 2024 (11,7 %).
Le charbon à un niveau plancher, le gaz résiste
La production d’électricité issue du charbon atteint un nouveau plancher (9,2 %) en 2025 après des années de forte baisse, ajoute le rapport qui analyse les données de production et de demande d’électricité dans les 27 pays de l’UE en 2025. Dans 19 pays de l’UE, la part du charbon dans la production d’électricité est inférieure à 5 %. Ember relève en revanche que l’UE reste fortement dépendante au gaz (16,7 %).
« L’augmentation de la production d’électricité à partir de gaz, conjuguée à la baisse de la production hydroélectrique en 2025, a fait grimper de 16 % la facture des importations de gaz fossile de l’UE et a entraîné des flambées des prix sur les marchés de l’électricité », indique-t-il.
VidéoLa facture d'électricité va grimper
Or, ajoute Ember, les enjeux sont majeurs pour l’UE en raison du « risque de chantage énergétique de la part des exportateurs d’énergies fossiles ». Une allusion transparente à la dépendance de l’Europe au gaz russe ou aux injonctions américaines de s’approvisionner en pétrole et gaz auprès des États-Unis.
« Investir dans les énergies renouvelables produites localement constitue une stratégie essentielle pour atténuer ce risque, dans un contexte géopolitique toujours plus instable », recommande-t-il.












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