Actualité : Hausse du prix des carburants : quelles économies espérer en passant à la voiture électrique ?

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Publié le 15/03/26 à 10h48

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Alors que le coût des carburants flambe, certains automobilistes pourraient être tentés par la voiture électrique. Voici comment calculer les économies possibles et quelques exemples.

Recharge voiture électrique

© Aurélien Piot / Les Numériques

Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, le prix des carburants a connu une forte hausse ces dernières semaines et risque de continuer à être impacté. Le prix du gazole, qui a connu la hausse la plus importante, dépasse désormais les 2 €/l d'après la moyenne nationale relevée par le site carbu.com, tandis que celui de l'essence s'en rapproche.

Dans ce contexte, la voiture électrique suscite plus que jamais un intérêt centré sur les économies qu'elle permet. Il peut toutefois être difficile de calculer précisément cette différence de coût à l'usage, avec de nombreux facteurs propres à l'électrique à prendre en compte.

Les économies possibles en passant à la voiture électrique varient énormément d'une situation à une autre. Pour cause, les facteurs qui influent sur l'intérêt économique des voitures électriques ne sont pas les mêmes que pour les modèles thermiques.

Premier facteur évident, la consommation d'une voiture électrique se calcule assez différemment de celle d'une thermique. Ainsi, les voitures électriques sont très efficientes en ville, grâce notamment à leur système de récupération d'énergie, à l'inverse des moteurs à combustion interne (les modèles hybrides s'en tirent toutefois bien mieux). Au contraire, les voitures thermiques voient leur consommation baisser sur route et autoroute, alors que les électriques connaissent une surconsommation très importante à haute vitesse. Il ne suffit donc pas de comparer la consommation mixte WLTP d'une voiture thermique et celle d'une électrique pour estimer les économies possibles dans son cas personnel.

On conseillera plutôt de comparer sa consommation actuelle de carburant (et d'électricité dans le cas d'un modèle hybride rechargeable) à celles que nous relevons lors de nos tests, ou ceux de nos confrères, donnant plus de détail que le protocole WLTP. Appliquer un facteur de correction pour rapprocher une valeur d'homologation de son usage réel n'est pas non plus suffisant, puisque certains modèles peuvent connaître une surconsommation nettement plus importante que d'autres sur autoroute, par exemple.

Une fois la consommation du modèle électrique estimée, le calcul du coût en énergie diffère là encore de celui d'un modèle thermique. Le principal facteur à prendre en compte est la proportion des recharges que l'on prévoit d'effectuer à domicile et sur bornes publiques. Le coût de l'électricité peut en effet être jusqu'à quatre fois plus cher sur ces dernières. À domicile, il suffit de consulter le coût du kilowatt-heure de son contrat pour faire ses calculs. Pour les bornes publiques, les tarifs varient beaucoup d'un réseau à l'autre, ou encore selon les différents abonnements proposés.

Autre point important à prendre en compte, les pertes du chargeur embarqué sont à ajouter à la consommation de sa voiture électrique dans le cas des recharges à domicile. Généralement de l'ordre de 10 à 20 %, elles sont prises en compte dans le calcul des données d'homologation WLTP, mais malheureusement sans transparence sur leur poids dans la valeur finale. On conseillera donc de consulter les valeurs mesurées par l'Adac, pour les modèles testés par l'association d'automobilistes allemande.

Des différences importantes selon les cas d'usages

Pour se donner une idée des économies que peuvent permettre les voitures électriques, nous avons choisi de dresser trois profils types, avec une citadine, une berline compacte et un SUV familial.

Pour une citadine polyvalente électrique

Premier profil étudié, imaginons une citadine polyvalente avec un usage majoritairement urbain et péri-urbain, mais pas que. Dans ces conditions, une électrique, comme une Renault 5 E-Tech ou une Citroën ë-C3, consommerait environ 15 kWh/100 km de moyenne, soit un coût kilométrique d'à peine 0,0332 €, avec le tarif réglementé d'électricité (0,1927 €/kWh pour un compteur d'au moins 9 kVA) et des pertes du chargeur embarqué de 15 %, pour une charge uniquement à domicile. Imaginons que 10 % des charges soient faites sur des bornes publiques, à un tarif de 0,50 €/kWh, et le coût kilométrique passe à 0,0385 €.

Renault 5 E-Tech electric

© Aurélien Piot / Les Numériques

La différence reste importante par rapport à une citadine essence qui consommerait 7 l/100 km (avec un coût moyen du SP95-E10 de 1,878 €/l à l'heure où nous écrivons ces lignes, d'après carbu.com), au coût kilométrique de 0,1315 €. Ainsi, en parcourant 10 000 km par an, on économiserait annuellement 929 €. Par rapport à un modèle hybride (essence) consommant 5,5 l/100 km, on économiserait toujours 647 € par an, et 838 € par an pour un modèle diesel consommant 6 l/100 km (avec un coût moyen du gazole de 2,040 €/l à l'heure où nous écrivons ces lignes, d'après carbu.com).

Pour une berline compacte électrique

Dans le cas d'une berline compacte, comme une Renault Megane E-Tech ou une Peugeot e-308, cette fois avec un usage mixte, nous allons établir nos calculs sur la base d'une consommation moyenne de 17 kWh/100 km pour la voiture électrique. Nous avons ainsi calculé un coût kilométrique de 0,0497 €, avec cette fois 20 % de charges à l'extérieur.

Peugeot e-308 restylée

© Aurélien Piot / Les Numériques

Par rapport à une voiture essence consommant 7,5 l/100 km et cette fois sur une base de 15 000 km par an, les économies seraient de 1367 €/an. Elles atteindraient 944 €/an dans le cas d'un modèle hybride consommant 6 l/100 km et 937 € pour un modèle diesel consommant 5,5 l/100 km.

Pour un SUV familial

Dans le cas d'un SUV électrique du segment D, comme un Tesla Model Y ou un Peugeot e-5008, partons sur une utilisation mixte mais avec davantage d'autoroute, pour une consommation moyenne de 20 kWh/100 km avec 30 % de charges effectuées à l'extérieur.

Tesla Model Y

© Aurélien Piot / Les Numériques

Le coût kilométrique passe à 0,0655 €, mais permet une économie de 1694 € par an par rapport à un modèle essence consommant 8 l/100 km, pour un kilométrage annuel cette fois porté à 20 000 km. Face à un modèle hybride consommant 7 l/100 km, la différence passe à 1318 €, contre 933 € face à un modèle diesel consommant 5,5 l/100 km.

À noter que les plus gros rouleurs auront tout intérêt à opter pour un abonnement permettant de réduire le coût du kilowatt-heure sur certains réseaux de recharge, afin de réaliser des économies encore plus importantes.

L'électrique a presque toujours l'avantage

Si ces trois cas d'usage ne sont que des exemples à titre purement indicatifs, ils permettent de constater des économies qui varient beaucoup d'un cas à l'autre, en fonction du kilométrage annuel bien sûr, mais aussi de la proportion des charges effectuées sur des bornes publiques. En reprenant nos cas étudiés, le coût kilométrique de l'électrique est seulement équivalent à celui de modèles thermiques en effectuant 100 % de ses charges à l'extérieur, avec un tarif de 0,50 €/kWh, qu'il est possible d'optimiser grandement en souscrivant par exemple un abonnement. En somme, l'avantage économique de l'électrique est indéniable et se renforce d'année en année, permettant le plus souvent de compenser rapidement un éventuel surcoût à l'achat. En sus, d'autres économies peuvent être réalisées, notamment avec un entretien plus léger.

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