Publié le 15/03/26 à 17h52
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© Adrian Branco pour Les Numériques - Les montres connectées vont-elles tuer les smartphones ? Anatomie de Snapdragon Wear, la puce qui pourrait tout changer
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Avec des performances multipliées jusqu’à x7 (GPU) le nouveau processeur Snapdragon Wear Elite de Qualcomm promet un énorme coup de boost aux montres et autres objets connectés. Et son gros NPU est désormais capable de gérer en local des modèles IA jusqu’à 2 milliards de paramètres.
Les montres intelligentes sont-elles en passe de mériter leur nom ? Elles devraient faire un vrai pas vers l’intelligence cette année avec l’annonce ce jour de la nouvelle plateforme pour objets connectés de Qualcomm : Snapdragon Wear Elite.
Ciblant non seulement les montres, mais aussi les nouveaux "objets IA" comme les caméras autonomes, la puce Snapdragon Wear Elite est, sur le papier, un énorme bond en avant en matière de puissance de calcul. Du CPU au GPU en passant par un duo de NPU en charge de l’exécution des IA locales, cette nouvelle plateforme promet d’apporter le supplément de puissance pour rendre les montres connectées moins dépendantes des smartphones.
Explosion de puissance
© Qualcomm
Le monde des processeurs a l’habitude d’améliorations se comptant en pourcents ou dizaines de pourcents. Par contraste, la plateforme Snapdragon Wear Elite promet des gains d’une tout autre magnitude. Par rapport à la plateforme précédente (W5+ Gen 2), la puissance du CPU est multipliée par cinq, et celle du GPU jusqu'à sept fois !
"Il s’agit de la puce pour wearables la plus ambitieuse et la plus puissante que nous ayons jamais développée", a promis Dino Belkis, directeur de la stratégie des wearables chez Qualcomm lors de l'annonce à la presse au MWC de Barcelone. Il faut dire qu’avec son gros cœur CPU à 2,1 GHz épaulé par quatre cœurs efficaces à 1,95 GHz, ce CPU pentacore ressemble plus à une (ancienne) puce de smartphones qu'à un processeur à basses performances.
Dans les faits, les gains CPU et GPU se traduisent par une explosion des capacités des appareils : du décodage de vidéo 1080p60 en passant par des applications bien plus avancées et de vrais usages multitâches. Et puisque cette puce cible les montres, domaines où les capteurs sont critiques, elle peut désormais gérer simultanément jusqu’à 50 de ces capteurs. Non seulement les piloter et collecter leurs données, mais aussi les traiter.
Un traitement qui n’implique plus uniquement le CPU et le GPU, mais aussi une puce devenue incontournable : le NPU. Ou plutôt "les" NPUs...
Duo de NPU
© Qualcomm
Comme pour ses puces smartphones ou sa nouvelle puce PC Snapdragon X2 Elite, Qualcomm intègre non pas un, mais deux NPUs (lire notre article à ce sujet). Hérité des smartphones, le gros NPU Hexagon est, à l’instar du CPU et du GPU, un gros bloc logique. Un beau bébé capable de gérer en local des modèles d’IA jusqu’à deux milliards de paramètres. La promesse est ici de proposer des fonctions avancées comme la traduction ou la transcription en temps réel (latence minimale) et surtout, complètement privée – sans accès au cloud.
© Qualcomm
Ce puissant NPU n’est pas seul. Comme tous les gros blocs logiques, il reste un composant qui consomme beaucoup d’énergie à chaque fois qu’il est sollicité. Pour l’épauler, Qualcomm a développé un petit eNPU – un NPU efficace énergétiquement. Moins puissant et beaucoup moins énergivore, cet eNPU est la pierre angulaire du SoC. Toujours actif, c’est sa puce audio qui est écoute permanente (pour les fonctions du type "OK Google"), qui analyse l’activité des capteurs en temps réel. Et c’est lui qui réveille les autres éléments quand le besoin de puissance se fait sentir.
Sextuple connectivité et micro-power Wifi
© Qualcomm
Si vous n’avez jamais entendu parler de "l’hexa-connectivité", c’est bien normal : c’était une première fois pour nous. Sous cet acronyme un peu barbare, Qualcomm a voulu expliquer que sa puce offrait jusqu’à six types de connexions différentes en même temps. Les protocoles étant la 5G redcap (capacités réduites, une 5G light), la connectivité satellite NB-NTN, une géolocalisation double fréquence (GNSS), l’ultrawide band (UWB), le Bluetooth 6.0 ainsi qu’un petit nouveau : le micro-power Wi-Fi.
Si on peut déjà s’étonner de la présence d’une connectivité satellitaire dans une si petite puce, on se souvient que la génération précédente de puce l’intégrait déjà. La vraie nouveauté est cette mention micro-power Wi-Fi. Développé à la base pour des puces audio (S7, 2023) et industrielles (QCC730, 2024), il s’agit d’un bloc capable d’assurer la connectivité Wi-Fi avec un coût énergétique équivalent au Bluetooth.
Promesse énergétique
© Qualcomm
Avec de telles évolutions en termes de puissance de calcul et de connectivité, se pose logiquement la question de l’endurance des appareils. Ici, Qualcomm ne peut pas offrir de promesse fixe puisque tout dépend des usages des utilisateurs et de la nature des batteries.
Mais Qualcomm annonce tout de même une durée de vie d’usage améliorée de 30 % par rapport à la génération précédente. Ce qui met clairement en lumière l’importance du eNPU dans la puce : c’est ce chef d’orchestre très basse consommation qui ne réveille les CPU/GPU/NPU qu’en cas de réel besoin, et qui permet de faire baisser si significativement la facture énergétique.
Du côté des technologies de stockage, Qualcomm annonce une recharge des batteries (qualifiée et validées par Qualcomm) de 50 % de capacité en à peine 10 minutes. Un ruissellement technologique issu des améliorations des batteries de smartphones.
Une plateforme complète
© Qualcomm
Bien que la puce Wear Elite apporte un énorme supplément de puissance, elle ne peut pas tout faire toute seule. C’est la raison pour laquelle Qualcomm ne présente pas Wear Elite comme un simple processeur, mais comme une plateforme. "Avec Snapdragon Wear Elite, nous offrons non pas un simple élément de calcul, mais une plateforme complète. Ce qui permet à notre puce de s’appuyer sur sa connectivité avec le smartphone", a expliqué le chef de la division Snapdragon chez Qualcomm, Alex Katouzian. En clair : le smartphone et la montre fonctionneront comme un écosystème.
Une manière de rappeler que si les puces de Qualcomm "ont propulsé plus de 300 designs de produits wearables", c’est que les intégrateurs n’achètent pas qu’un composant. La plateforme comprend en effet de nombreuses briques logicielles simplifiant la conception des produits – un élément souvent oublié lors d’annonces qui se contentent de comparer les spécifications techniques.
Qualcomm développe des puces pour montres connectées depuis plus de 12 ans. Mais cette version "Elite" marque un tournant en matière de puissance et d'IA. © Adrian Branco pour Les Numériques
"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue" : en s'appuyant sur cette citation attribuée à Victor Hugo que Dino Bekis a voulu souligner le fait que "la puissance de calcul qui se comptait en dizaines de watts dans les PC a fini par devenir quelques watts dans les smartphones pour descendre en dessous du watt dans les wearables. Posant ainsi une question importante : à l’heure des agents IA qu’on pilote à la voix, les montres connectées sont elles à l'aube de remplacer les smartphones ? Le futur reste à écrire, mais une chose est sûre : si c’est bien le cas, Qualcomm entend être celui qui vend la plateforme de ce changement de paradigme.
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