L’Agence mondiale antidopage (AMA) a tranché. Six joueurs de l’équipe nationale de rugby de la Géorgie ainsi qu’une personne de l’encadrement ont été sanctionnés et suspendus dans le cadre d’une enquête portant sur des échanges d’échantillons lors de contrôles antidopage, ont annoncé l’AMA et World Rugby ce vendredi.
L’identité des joueurs n’a pas été rendue publique dans le rapport alors que l’enquête, commencée avant la Coupe du monde 2023 à laquelle la Géorgie a participé, se poursuit. Elle porte sur « un système organisé impliquant des drogues récréatives et une substitution d’échantillons », selon l’instance du rugby mondial, dans un communiqué publié vendredi. L’AMA « a perdu confiance dans le programme antidopage » géorgien, a-t-elle de son côté indiqué dans son rapport.
La Géorgie ne fait pas partie des nations de premier plan du rugby mondial, mais est une nation installée dans le paysage de ce sport : elle a participé à toutes les Coupes du monde depuis 2003, sans jamais sortir de la phase de groupes, et sera présente lors de la prochaine édition en Australie, en 2027.
Elle a aussi remporté les huit derniers Rugby Europe Championship, équivalent à la deuxième compétition des nations européennes, après le Tournoi des Six Nations. Elle est encore en finale de l’édition 2026, où elle sera favorite dimanche contre le Portugal. Plusieurs internationaux évoluent en première division française, le Top 14, comme l’arrière rochelais Davit Niniashvili ou le pilier droit parisien Giorgi Melikidze.
« Une onde de choc dans le sport »
« L’enquête a été déclenchée lorsque des irrégularités dans des échantillons d’urine ont été identifiées » via les passeports biologiques des athlètes encadrés par World Rugby, un peu avant le Mondial 2023 en France, a précisé l’instance internationale. World Rugby indique également ne pas vouloir faire plus de commentaires « tant que l’ensemble de la procédure disciplinaire n’aura pas été mené à son terme et que les décisions ainsi que les sanctions n’auront pas été publiées. »
L’enquête menée en lien avec l’AMA a mis au jour « cinq cas où une substitution d’échantillons a eu lieu » mais aussi que des membres de l’agence antidopage géorgienne ont parfois averti les joueurs que des contrôles allaient avoir lieu, selon l’AMA. Des agents « n’observaient pas les athlètes » pendant le processus, des « non-conformités évidentes » avec le protocole. Ces situations n’ont pas été observées pendant la Coupe du monde, selon une source proche de l’enquête à l’AFP.
L’enquête s’est notamment basée sur des déclarations volontaires de personnes impliquées dans l’affaire, une preuve que « l’efficacité des investigations repose sur le partage volontaire de preuves plutôt que sur la capacité limitée du département renseignements et enquêtes de l’AMA à obtenir des preuves de manière indépendante », relève encore l’agence.
« Ce qui s’est passé dans le rugby géorgien est scandaleux et constituera une onde de choc dans le sport et auprès du gouvernement géorgien, ainsi que dans le rugby mondial », estime le président de l’AMA, Witold Banka, en précisant que « des enquêtes plus approfondies sont désormais en cours » dans le sport géorgien.










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