Entre les nouveautés de Ferrari, un circuit plus adapté et le regain de forme de Pierre Gasly au volant de l’Alpine, le 2e Grand Prix de la saison de F1 offre de gros enjeux.
Ferrari va-t-elle concurrencer Mercedes ?
C’était le combat de la première partie de course en Australie. Charles Leclerc avait dépassé la Mercedes de George Russell, parti en pôle, à plusieurs reprises, se battant comme un diable pour conserver la tête du Grand Prix. Le Monégasque était sorti vainqueur de cette bataille avant que Ferrari ne ruine ses chances de victoire en le laissant en piste, comme son coéquipier Lewis Hamilton, lors de la première voiture de sécurité virtuelle, déclenchée au 11e tour à la suite de l’abandon d’Isack Hadjar.
Les Ferrari ont conclu la course aux 3e et 4e rangs avec de la frustration. Sans cette erreur stratégique, auraient-elles pu embêter les Mercedes tout le long de l’épreuve australienne ? Difficile à dire. Si la supériorité des flèches d’argent était écrasante en qualifications le samedi, leur rythme de course était moins flamboyant, Leclerc et Hamilton réalisant des chronos similaires lors du second relais.
L’avantage des Ferrari au départ, grâce à un turbo plus petit, pourrait à nouveau gêner Russell et Antonelli en Chine. L’équipe de Frédéric Vasseur a, à nouveau, testé l’aileron arrière «Macarena» lors de la seule séance d’essais libres à Shanghai, avant de l’enlever lors des qualifications sprint. Son angle d’ouverture de 270 degrés, contre environ 90 habituellement, avait beaucoup fait parler pendant les essais de présaison de Bahreïn en février. Il pourrait être réutilisé lors de seconde partie du week-end, après la course sprint ce samedi (4h du matin en France).
En qualifications sprint vendredi, les Mercedes ont monopolisé la première ligne devant... la McLaren de Lando Norris, légèrement plus rapide que Lewis Hamilton, qui partira quatrième. Oscar Piastri s’est intercalé entre les deux Ferrari. Charles Leclerc a connu un problème technique encore inexpliqué lors de son ultime tour, le reléguant à un peu plus d’une seconde de Russell, poleman devant Antonelli.
Hadjar peut-il battre Verstappen ?
Et si le second baquet Red Bull n’était plus maudit ? Isack Hadjar a réalisé un excellent week-end en Australie, se qualifiant à la troisième position, seulement derrière d’intouchables Mercedes. Après un très bon départ, le Français n’a pas pu aller plus loin que le 11e tour et l’explosion de son moteur. Aucun point à l’arrivée mais des débuts incontestablement réussis.
D’autant que son quadruple champion du monde de coéquipier était parti en fond de grille (20e) à cause d’un problème électronique sur l’arrière de sa monoplace. Max Verstappen est remonté à la 6e place en course mais n’a pas été capable de doubler Lando Norris, qui paraissait pourtant moins rapide. Le Parisien pense, lui, qu’il se serait battu avec Hamilton pour la 4e place s’il n’avait pas connu de problème.
En Chine, Verstappen et Hadjar sont véritablement opposés pour la première fois). Le vice-champion de F2 2024 s’est qualifié à la 10e position de la course sprint, à 5 dixièmes de son coéquipier (8e). Les deux pilotes Red Bull ont eu beaucoup de difficultés à régler leur voiture et ne sont pas très optimistes pour la suite du week-end.
Alpine peut-elle s’affirmer comme la 6e force ?
Après un premier Grand Prix contrasté en Australie, récompensé d’un point grâce à Pierre Gasly, l’équipe Alpine est arrivée en Chine avec l’espoir de se battre un cran au-dessus. Une ambition qui s’est confirmée en qualifications sprint, lors de laquelle le pilote français a décroché une belle 7e position, devant Max Verstappen. Excusez du peu.
Un excellent résultat qui n’éclipse pas celui, bien moins éclatant, de Franco Colapinto. L’Argentin a échoué à une lointaine 16e place après avoir vécu une première course mouvementée à Melbourne. Le départ a été chaotique et son réflexe ahurissant pour éviter Liam Lawson est à souligner. La pénalité qu’il a prise n’est d’ailleurs pas de sa faute mais bien celle de l’écurie. En Chine, les neuf dixièmes concédés à Gasly en qualifications sprint font mal. Il n’est pas certain que Flavio Briatore lui laisse beaucoup de temps pour s’améliorer. Alpine se bat avec une seule main pour le moment.
Un circuit plus adapté à cette réglementation ?
L’Albert Park de Melbourne était peut-être l’un des tracés les moins adaptés à ces Formules 1 version 2026. Avec très peu de gros freinages, et donc d’endroits où recharger la batterie, ainsi qu’un deuxième secteur modifié pour y ajouter un enchaînement rapide, le circuit n’a pas permis aux équipes d’offrir aux pilotes une gestion optimale de leurs moteurs 50% thermiques, 50% électriques.
À Shanghai, c’est différent. La piste compte plus d’endroits sinueux dans lesquels les voitures peuvent recharger leur batterie. Seule la grande ligne droite de la fin de tour oblige vraiment les moteurs à réduire la vitesse de pointe avant le freinage, une bonne nouvelle pour le spectacle.
Quels progrès pour Aston Martin ?
Le cauchemar de Melbourne à peine digéré, Aston Martin s’est mieux débrouillée à Shanghai lors de la séance d’essais libres et des qualifications sprint, sans être brillante, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette fois, les deux pilotes ont pu défendre leurs chances et ont terminé aux 19e et 20e places, devant des Cadillac en grande difficulté.
Le meilleur chrono de Fernando Alonso, à seulement trois dixièmes de seconde de la Williams d’Alex Albon, est à souligner. Si les monoplaces de Grove ne sont pas des références, elles font partie du peloton. Aston Martin s’en rapproche. Le chemin est encore long mais de légers progrès sont déjà visibles. La prochaine étape sera de terminer un grand prix.

il y a 2 day
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