France-Angleterre : Pierre-Louis Barassi, l’élu du dernier tour

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Le centre toulousain effectue son retour comme titulaire pour boucler le Tournoi face à l’Angleterre, ce samedi au Stade de France.

Il commençait à être confortablement installé. Titulaire au centre de l’attaque tricolore lors des quatre premières rencontres du Tournoi des six nations 2025, avant de rater la dernière pour une commotion subie en Irlande. En novembre, Pierre-Louis Barassi revient. Et retrouve aussitôt son statut de titulaire, contre l’Afrique du Sud, puis les Fidji. Contraint de quitter le terrain victime, d’une nouvelle commotion. Dont il mettra, cette fois, beaucoup de temps à récupérer. Deux longs mois sans jouer. «J’avais des migraines, des difficultés à me concentrer. La luminosité me faisait mal.  J’avais du mal dès que je réfléchissais», avait avoué le Toulousain lors de son retour sur les terrains, en Top 14, fin janvier.

Deux feuilles de match (30 puis 80 minutes) et le champion de France était rappelé à Marcoussis. Pour entrer en jeu contre l’Italie et l’Écosse, avant de redevenir titulaire pour le dernier acte, ce samedi contre l’Angleterre. À 100% de ses moyens ? «Je me sens beaucoup mieux. Je me sens bien. On a travaillé tous ensemble, que ce soit le staff et le pôle médical du club, qui était aussi en communication avec celui de l’équipe de France, main dans la main, pour que j’arrive dans les meilleures conditions, a confié Pierre-Louis Barassi en milieu de semaine. J’ai eu aussi un moment pour me préparer physiquement à revenir à la compétition. Puis j’ai joué deux matchs avec Toulouse avant de revenir en équipe de France. Donc j’ai eu le temps de reprendre du rythme. D’être sorti du banc deux fois, ça m’a aidé aussi. Je me sens en forme.»

L’équipe médicale m’a dit que c’était réversible, qu’il n’y aurait pas de soucis derrière, pas de séquelles. Donc je n’ai aucun souci. Passer la publicité

Et sans la moindre appréhension ? «Non. C’est clair que ce sont des moments qui sont un peu particuliers, pas évidents à vivre sur l’instant T, mais j’ai été bien suivi. L’équipe médicale m’a dit que c’était réversible, qu’il n’y aurait pas de soucis derrière, pas de séquelles. Donc je n’ai aucun souci. Après, je sais que ça peut revenir. On peut tous prendre des coups à la tête. Mais je me sens bien donc je n’ai pas d’appréhension.»

Et le voilà déjà de retour dans le XV de départ, profitant au passage du forfait de Nicolas Depoortere (luxation de l’épaule), mais préféré à Gailleton, Brau-Boirie ou Gourgues pour refaire la paire avec le Bordelais Yoram Moefana. Comme il y a un an. «J’ai des automatismes avec Yoram puisqu’on a joué le Six Nations ensemble l’an dernier. On a également un projet et un plan de jeu commun depuis pas mal d’années. Et, vu le temps qu’on passe ensemble à l’entraînement, je pense qu’il n’y aura pas de souci. On va retrouver nos automatismes», assure le centre aux 12 sélections.

Relancé, Barassi sait que l’équipe de France est attendue au rebond. Victoire impérative pour chasser les doutes nés d’une heure catastrophique à Murrayfield samedi dernier : 47 à 14 à la 66e minute, avant un sursaut qui a atténué l’ampleur du désastre (50-40). Mais sept essais concédés et une rechute inattendue qui prive les Bleus de Grand Chelem. «On a eu besoin de digérer cette prestation qui s’est très mal passée pour nous, avoue le joueur de 27 ans. On a mis un jour, pas plus car on n’a pas le temps de douter trop longtemps. Il faut vite passer à la suite. On ne s’est pas trop attardé sur le match de l’Écosse pour travailler sérieusement sur l’Angleterre.»

En prenant cependant le temps de comprendre ce qui a bien pu se passer sur la pelouse de Murrayfield samedi dernier pour sombrer à ce point. «Il nous a manqué de tout, tranche Barassi. Et à ce niveau-là, quand il manque, ne serait-ce que 5 ou 10% d’engagement, 5 ou 10% de précision sur certains secteurs, on ne peut pas rivaliser. À titre collectif, on a été un peu en dessous un peu partout.»

Sans Grand Chelem, ça n’a pas la même saveur. Mais une victoire dans le Tournoi, ce n’est pas neutre. Et le remporter deux années d’affilée, ça fait vingt ans que ce n’est pas arrivé pour l’équipe de France...

Un jour sans pour un rêve de Grand Chelem évanoui. Le XV de France peut encore remporter le Tournoi, en battant le XV de la Rose. Une consolation suffisante ? «Ça n’a pas la même saveur, concède le Toulousain. Après, qu’est-ce qu’on fait ? On ne peut pas revenir en arrière. Ce qui peut effectivement effacer cette désillusion, c’est une victoire dans le Tournoi. Ce n’est pas neutre. Et le remporter deux années d’affilée, ça fait vingt ans que ce n’est pas arrivé pour l’équipe de France (2006 et 2007, NDLR). Il faut donc se rendre compte de l’enjeu de ce match. Oui, la semaine dernière on a perdu, oui, on est déçu. Mais la vie continue et notre objectif, c’est d’avancer. Et pour avancer, la meilleure des manières, ce serait de remporter ce dernier match et de remporter le Tournoi.»

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Pour cela, il faut battre une équipe d’Angleterre minée, avec déjà trois défaites au compteur, dont une première historique face à l’Italie, et la perspective de terminer avec quatre revers, soit sa plus mauvaise performance depuis le passage à six nations en 2000. Est-il surpris par ce plantage majuscule d’un XV de la Rose annoncé favori avec la France pour la victoire finale ? «Dans le Tournoi, il y a toujours des surprises. Mais une chose est sûre, On tombe sur une équipe blessée et l’Angleterre va jouer son va-tout face à nous. Pour eux, nous empêcher de remporter cette édition serait finir de la meilleure des manières...»

Blessée, l’équipe de France l’est également. Touchée dans son orgueil par sa contreperformance contre l’Écosse. Être désigné pour se présenter face aux médias après pareille désillusion, il fallait du courage. Quand on lui fait remarquer, il rigole. «Vu que je suis accompagné de Manny (Meafou, NDLR), il me protège… Bah après, c’est le jeu. C’est notre métier hein. Il y a des jours avec, il y a des jours sans. Cette semaine, c’est sûr, on a préparé ce dernier match avec un peu moins de sérénité. Mais c’est notre vie. On ne gagne pas tous les matchs. Il faut aussi passer par préparer des matchs après des défaites…» Et, pour s’en relever, Fabien Galthié et son staff comptent visiblement sur lui.

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