« J’ai dormi cinq jours d’affilée » : le calvaire du manager du RC Toulon Pierre Mignoni, victime de « décompensation »

il y a 2 day 2

Un combat contre la fatigue. Aperçu à l’entraînement cette semaine, Pierre Mignoni a officiellement fait son retour avec le RC Toulon. Le manager du club avait été mis au repos pendant trois semaines en raison d’une intense fatigue. Il s’est exprimé auprès de l’AFP et de plusieurs médias ce jeudi, avouant avoir dû faire face à une « décompensation ».

Une maladie qui, par définition, correspond à une aggravation brutale de l’état de santé suite à un affaiblissement de l’organisme qui, jusque-là, résistait. En l’occurrence, Pierre Mignoni a subi le contrecoup de son travail de manager, aux conditions souvent trop musclées.

« On a toujours cette sensation d’être un surhomme, a-t-il expliqué. On s’occupe toujours des autres et peu de soi. C’est un métier fabuleux, on ne compte pas ses heures et on se dit que ça va aller. Mais ce n’est pas tant la charge de travail sur le terrain qui est lourde, c’est la charge mentale. Et à un moment, je l’ai vraiment prise dans la gueule. Ce n’est pas la défaite qui m’a mis dans cet état, ça a été la goutte d’eau et mon corps m’a lâché. »

Après un rendez-vous avec Pierre Dantin, le consultant haute performance du club, le manager du RCT comprend la nécessité de s’arrêter et de se soigner. Une thérapie brutale pour un homme qui a confié ne dormir que « cinq ou six heures par nuit » avant d’être mis au repos.

« Là j’ai dormi cinq jours d’affilée. J’avais la sensation que ma tête pesait vingt kilos et je ne pouvais plus marcher. Il m’a fallu une semaine pour remarcher, faire le tour de mon jardin. Ensuite, j’ai marché tous les jours. Mais ça a été très dur », a-t-il détaillé, ajoutant que son docteur pensait même qu’il faisait un AVC tant son état était grave au mois de janvier.

« Combien de fois ma femme m’a dit de couper »

S’il affirme aller « bien mieux » aujourd’hui, l’ancien joueur du XV de France (28 sélections) assure avoir entrepris une réorganisation afin de diminuer sa charge de travail au quotidien. « Je veux faire ce que je faisais déjà, mais mieux, assure-t-il. Dans la façon de déléguer, de trier mes journées, de fonctionner au quotidien. (…) C’est un détail, mais je me levais à 5 heures du matin pour être au bureau à 5h20, jusqu’à 18/20h, parfois 22h. Maintenant je vais m’interdire de me lever à 5 heures J’ai déjà repoussé d’une heure. »

Mais le technicien, qui assure avoir pensé à quitter ses fonctions, ne compte pas s’écarter des terrains pour autant. L’homme de 49 ans va être davantage épaulé par son staff et le fonctionnement du club devrait évoluer dès cette saison.

« Ce que je retiens de cette histoire ? Que je ne suis pas Superman, même si je ne le pensais pas, s’est-il amusé. Il y a six mois j’avais dit que si je devais mourir au bord du terrain, je n’en n’avais rien à faire. Je pensais que ça ne pouvait jamais arriver. Maintenant je sais que si. Combien de fois ma femme m’a dit de couper… Je lui répondais de ne pas s’inquiéter. Ce fonctionnement depuis 15 ans n’était pas bien pour ma famille et ma santé. Je vais essayer de mieux m’occuper des autres, mais aussi de mieux m’occuper de moi. »

Lire l’article en entier