Les grands entretiens d'Anne Rosencher. Louvre, Notre-Dame, Chambord... Nos chefs-d’œuvre sont ils en péril ? L'ancienne directrice générale du patrimoine est l'invitée des Grands Entretiens d'Anne Rosencher. Elle analyse, sans mâcher ses mots, la crise du patrimoine français.
Publié le 14/03/2026 à 16:00

Maryvonne de Saint-Pulgent, ancienne directrice générale du patrimoine
L'Express (Loredane Binet)
Sept ans après l’incendie de Notre-Dame, quatre mois après l'humiliant cambriolage du Louvre, de nombreuses questions se posent. Comment en est-on arrivé là ? Par désinvolture ? Mauvaises décisions politiques ? Nos chefs-d’œuvre sont-ils en péril ? Maryvonne de Saint-Pulgent, directrice générale du patrimoine de 1993 à 1997 et auteur d'Alerte sur le patrimoine (Gallimard, février 2026) est l'invitée des Grands entretiens d'Anne Rosencher. Une personnalité qui parle en connaissance de cause, et qui ne mâche pas ces mots. Avec ses formules ciselées de "tonton flingueuse du patrimoine", elle nous décrit, exemples à l'appui, des décennies de mauvaises priorités. L'intégralité des quarante-cinq minutes d'entretien est à retrouver sur les plateformes habituelles de vidéos et de podcasts.
L'Express : Le cambriolage du Louvre en octobre a provoqué la stupeur des Français. D’autant plus que quelques semaines plus tard, une inondation endommageait le département des antiquités égyptiennes. De quoi cette apparente incurie est-elle le symptôme ?
Maryvonne de Saint-Pulgent : Alors je vais charger la barque : il y a eu plusieurs inondations au Louvre depuis le cambriolage. Une dans une bibliothèque, et une, effectivement, dans un département muséographique. Sans compter la fermeture de la galerie Campana en novembre, pourtant restaurée il y a peu, sans que l'on ait vérifié l'état du plancher au-dessus… qui ne tient plus. Deux ans après sa réouverture en grande pompe, voilà la galerie emblématique à nouveau fermée ! Alors, de quoi est-ce le symptôme ? Contrairement à beaucoup d’autres sites, le Louvre ne manque pas d'argent. Grâce à la concession de sa marque à Abou Dhabi, grâce aux nombreux mécènes et aux recettes de la billetterie très importantes, il en a même beaucoup. Le problème du Louvre, c'est qu'il dépense mal. Et avec des priorités fâcheuses. Il privilégie les travaux sur la muséographie, et les achats d'œuvres sur l'entretien du bâtiment.
La démission de sa présidente, Laurence des Cars, en février, était-elle nécessaire ?
Elle l’avait proposée dès le lendemain du vol ; on lui avait demandé de rester. Mais sa position est devenue intenable à mesure que les enquêtes diverses – celle du ministère de la Culture, du Parlement, une enquête administrative – ont révélé des responsabilités personnelles de sa présidence.

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