Et s’il n’était plus question de tourner en rond pendant des heures afin de trouver une place de stationnement ? Toutes les idées sont bonnes pour aider à se garer. Dans le centre-ville de Beauvais (Oise), les automobilistes ne diraient pas non. Rencontré sur la place des Halles, cet enseignant de 45 ans en fait partie. « Parfois, il n’y a que des zones bleues ou payantes », déplore-t-il. Tout en rappelant qu’une partie de la place est réservée aux stands du marché les mercredis et samedis.
Afin d’aider les conducteurs, une application mobile, Macaron (disponible gratuitement pour Android et iPhone) est expérimentée par la municipalité depuis 2024. L’objectif est d’aider les conducteurs à identifier, en temps réel, les stationnements disponibles parmi les quelque 4 500 places du centre-ville et de la périphérie.

« Si je suis une personne en situation de handicap, ça m’intéresse de savoir qu’à 150 m, il y a une place PMR », illustre Samir Boutamdja, le fondateur de Macaron. Pour savoir quelle place est libre, l’application se base sur des caméras installées sur les mâts d’éclairage. Des caméras capables de voir si une place est occupée par un véhicule ou non. Chaque appareil peut surveiller entre 10 et 25 places.
Téléphone au volant
Trois zones stratégiques ont été choisies pour mener l’expérimentation : la place des Halles, l’esplanade de Verdun et la rue de Lorraine. En plus de la cartographie des places, le système a enregistré des centaines d’arrêtés municipaux.
« Cela permet à l’utilisateur de savoir exactement quels types de places sont disponibles et quelles règles s’y appliquent, précise le fondateur de Macaron. On peut guider l’automobiliste directement vers une place grâce à l’application. » Visiblement, cela fonctionne, comme nous l’avons constaté sur place. L’application affiche bien en direct les places occupées ou libres. Et l’actualisation est rapide.
Il y a toutefois des limites : l’application n’est compatible que sur mobile, pas avec Android Auto ou Apple CarPlay accessibles directement sur les écrans tactiles des véhicules. Cela obligerait donc à se servir du téléphone au volant… Pour rappel, l’usage du téléphone en voiture est interdit sauf en mode GPS, à condition qu’il soit fixé sur un support fixe et que l’automobiliste n’ait pas à quitter la route des yeux. Autrement, on s’expose à un retrait de 3 points sur le permis de conduire et à une contravention de 135 euros.

Malgré ces contraintes, la ville et l’Agglo de Beauvais se disent satisfaites de l’outil et confirment vouloir poursuivre la collaboration. « On va équiper d’autres parkings et d’autres rues, assure Pierre Tachon, directeur des mobilités au sein de l’Agglo du Beauvaisis. On est en train d’analyser et de réfléchir à quel nouveau parking on pourrait équiper. »
Aussi à Saint-Ouen, Neuilly, Evry…
L’installation représente cependant un coût pour la municipalité, estimé entre 30 000 et 50 000 euros par an pour la maintenance et les licences. D’autres villes ont suivi le mouvement en région parisienne. À l’image de Saint-Ouen et du Pré-Saint-Gervais en Seine-Saint-Denis, Fresnes (Val-de-Marne), Évry-Courcouronnes (Essonne) ou encore, dans les Hauts-de-Seine avec Neuilly, Courbevoie, Sceaux, Le Plessis-Robinson et Bagneux.
Plus largement, les communes d’Île-de-France investissent dans des solutions alternatives face aux problèmes récurrents de stationnement. Dans les Yvelines, Chatou puis Croissy-sur-Seine ont adopté un système dit intelligent avec des capteurs au sol pour chaque place. À Paris, c’est l’intelligence artificielle qui est mobilisée dans le XVIIe arrondissement, via l’application PaybyPhone. Avec des effets observés sur la pollution : moins d’automobilistes qui tournent à la recherche d’une place, c’est moins de gaz d’échappement, fait-on remarquer en mairie.
Ces procédés ont aussi un autre avantage. C’est un moyen de lutte efficace contre le fléau des voitures ventouses, ces autos qui restent garées sur la voie publique pour une durée indéterminée. « Grâce à ce système, nous pouvons identifier les véhicules qui restent trop longtemps sur certaines places et intervenir rapidement, se félicite Pierre Tachon, à Beauvais. Les capteurs ne verbalisent pas, mais ils servent d’outil d’aide pour la police municipale et permettent de mieux gérer l’occupation du centre-ville. »










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