« Mentalement, c’est un monstre » : le champion paralympique Arthur Bauchet plus fort que son handicap

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Veste sur les épaules, ski en mains, Arthur Bauchet s’avance en zone mixte après son deuxième titre paralympique, en slalom géant debout cette fois-ci. D’un coup, il se met à trembler. Le para skieur français de 25 ans souffre d’une paraparésie spastique, une maladie génétique rare qui provoque des crises de tremblements. « On dirait que je roule sur des pavés », se marre celui qui tourne la scène en dérision.

Ce genre de crises, dont il est victime, apparaissent surtout après des efforts intenses. « Quand il passe la ligne d’arrivée, il y a toute l’émotion qui redescend, et c’est à ce moment-là que les crises arrivent », explique Thomas Frey, entraîneur de l’équipe de France de para ski alpin. Pour les diminuer, le natif de Saint-Tropez suit depuis quatre ans une préparation physique millimétrée.

« Nous, on voit des tonnes de médicaments qu’il prend »

« Il pratique beaucoup la musculation, alors qu’il en avait jamais fait auparavant. Grâce à cela, les crises sont beaucoup plus espacées, il n’en fait que quelques-unes par an », précise son coach. Alors que certains détracteurs considèrent que son athlète fait du « cinéma ». « Nous, on voit tous les à-côtés, ses crises à l’arrivée, comment il a du mal à vivre en dehors, les tonnes de médicaments qu’il prend (9 cachets par jour) », lâche-t-il.

Après un début de Jeux en deçà de ses attentes puisqu’il avait annoncé vouloir cinq médailles d’or, le para skieur a su se remobiliser. « Même après sa deuxième place en descente et son abandon en super-g, il ne s’est pas laissé abattre. C’est la preuve que mentalement, c’est un monstre », poursuit son entraîneur admiratif.

Cinquième titre paralympique et une onzième médaille

Déjà en tête à l’issue de la première manche du slalom géant debout ce vendredi, Arthur Bauchet a fini le travail grâce à une deuxième de grande qualité. « C’était trop cool, sourit-il. Quand je suis arrivé en bas avec plus d’une seconde d’avance, j’étais en mode : Yes, là, tu as réussi tes Jeux ! » Au classement final, il devance le Suisse Robin Cuche et le Russe Aleksei Bugaev. Et le voila avec un cinquième titre paralympique et une onzième médaille désormais depuis le début de sa carrière.

La malédiction a été rompue. Alors qu’il avait remporté quatre fois l’or et une fois l’argent en slalom géant en cinq participations aux Championnats du monde, il n’avait jusque-là que décroché le bronze (en 2022) aux Jeux paralympiques. « Le géant et les Jeux, c’était une histoire compliquée, j’ai mis fin à ce cycle infernal », se félicite-t-il.

Il reste maintenant une épreuve, à celui qu’on appelle le « Roi Arthur » pour finir en beauté son aventure à Milan-Cortina. « Dimanche, j’ai hâte d’être sur le slalom même si j’attends surtout la journée de repos », glisse le champion. Ses adversaires peuvent en tout cas trembler.

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