Politique. Fort de ses bons scores et malgré les polémiques, LFI tient en joue toute la gauche dans ses métropoles.
Publié le 16/03/2026 à 07:01
Jean-Luc Mélenchon prononce un discours lors d'un meeting de campagne en faveur de la liste « Être Bondy » pour les élections municipales à Bondy, près de Paris, le 4 mars 2026.
REUTERS/Abdul Saboor
Il n’y a pas que le nom de Raphaël Glucksmann que Jean-Luc Mélenchon a écorché sur scène. Il y a également celui de ses propres candidats. À Perpignan, le temps d’un meeting, le patriarche insoumis a rebaptisé Mickaël Idrac, la tête de liste insoumise, "Michel". En cette fin de campagne municipale, à raison de deux longues interventions par semaine, le triple candidat à la présidentielle a assumé d’effacer ses candidats aux municipales. À son profit. Car une campagne peut en cacher une autre à un an de l’onction suprême - l’attitude est partagée sur l’échiquier politique - et, bien qu’on puisse le déplorer, on ne peut reprocher à Jean-Luc Mélenchon de transformer ses porte-drapeaux locaux en plantes vertes. "Ses meetings ont développé des propositions à portée nationale : on assume d‘avoir nationalisé ce scrutin. Il est l’un des orateurs qui créent des succès de campagne. Il capte des audiences larges, il a joué un rôle majeur", se félicitait Paul Vannier, le "Monsieur élections" de La France insoumise, quelques jours avant le premier tour du scrutin.
La marque LFI s’implante
Dimanche 15 mars, les insoumis ne mangent pas de merles, ils dînent des grives. À Toulouse ou à Limoges, François Piquemal et Damien Maudet, députés et têtes de liste LFI, sont arrivés en tête à gauche. À Lille ou Avignon, les candidats socialistes et insoumis sont au coude à coude. Jean-Luc Mélenchon et ses candidats n’ont pas encore plumé la volaille rose - qui demeure en première position à bâbord - mais dans certaines métropoles, ils l’ont transformé en force d’appoint pour la victoire. Ailleurs, comme à Paris, Marseille, Clermont-Ferrand, Rennes, Nantes ou Brest, le PS aura probablement besoin des insoumis, dont les listes sont parvenues à se maintenir, pour conserver leurs villes. Ils tiennent en joue les écologistes aussi. À Besançon, la maire sortante Anne Vignot devra faire avec la liste insoumise, qui s’est qualifiée in extremis pour le second tour. "L’événement politique majeur de ce soir est l’entrée de la France insoumise sur la carte électorale dans tout le pays", s’est réjoui la vice-présidente de l'Assemble nationale Clémence Guetté. La marque LFI s’implante malgré de désastreuses controverses. Ou à leur prix.
"Soyons terribles pour dispenser au peuple de l’être", disait le révolutionnaire Danton. Quand il ne les a pas créées, Jean-Luc Mélenchon a prêté le flanc aux polémiques. L’affaire Quentin Deranque, à Lyon, dans laquelle sont impliqués des membres de la Jeune Garde - mouvement antifasciste associé à LFI - en est le symbole. Contrairement aux injonctions, et aux premiers propos de ses huiles, lui a refusé de battre en retraite. Et qu’importe si l’insoumis ironise sur la prononciation du nom du prédateur sexuel Jeffrey Epstein, réactivant son procès en antisémitisme. La candidate lyonnaise, Anaïs Belouassa Cherifi, à 10,5 % au soir du premier tour, est devenue l’arbitre des élégances du duel Grégory Doucet-Jean-Michel Aulas. Jean-Luc Mélenchon s’est régulièrement autodéfini comme un "paratonnerre" : force est de constater qu’il n’avait pas tout à fait tort.

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