Géopolitique. Etats-Unis, Chine, Moyen-Orient, Europe... Le chroniqueur de France Inter analyse la fin d'un monde et évoque le nouvel ordre international à venir.
Publié le 15/03/2026 à 08:45
Le président américain Donald Trump doit se rendre en Chine fin mars.
REUTERS
Cela fait un demi-siècle qu'il observe en tant que journaliste les bouleversements de la planète. Chroniqueur géopolitique de la matinale de France Inter et président de l'association Reporters sans frontières, Pierre Haski analyse dans La Fin d'un monde (Stock) les transformations de l'ordre international en revenant sur son propre parcours, de l'Afrique du Sud durant l'apartheid à la Chine où il fut correspondant durant cinq ans pour Libération, avant de créer Rue89. Mi-Mémoires, mi-essai de géopolitique, l'ouvrage est passionnant de bout en bout.
Pour L'Express, Pierre Haski analyse ce qui se joue aujourd'hui au Moyen-Orient avec la démonstration de puissance américaine qui est peut-être aussi synonyme d'une impuissance stratégique. Mais il évoque aussi les enjeux de la visite de Donald Trump à Pékin, qui doit se tenir à la fin du mois, tout comme les ambitions de Xi Jinping. Faisant le bilan diplomatique d'Emmanuel Macron, Pierre Haski assure que dans un monde en plein tumulte, dominé par deux puissances prédatrices, l'Europe est le seul destin possible pour la France si elle veut continuer à peser sur les affaires internationales.
L'Express : A quel point la guerre en cours au Moyen-Orient représente-t-elle une bascule supplémentaire vers un nouveau monde, que vous décrivez dans votre livre ?
Pierre Haski : Il y a une dimension régionale très forte dans cette guerre en Iran. C’est la poursuite de ce qui se passe depuis le 7 octobre 2023, et de l’ambition israélienne d’affaiblir, voire de faire disparaître la menace iranienne comme celle de ses proxys, à commencer par le Hezbollah. Mais il y a aussi un enjeu plus global, qui s’inscrit dans ce que fait Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche. Son deuxième mandat est marqué par un agenda géopolitique totalement différent, exprimé la veille de son investiture par Marco Rubio, dans une déclaration au Sénat à laquelle on n’a pas assez prêté attention. L’actuel secrétaire d’État a expliqué que l’ordre international de 1945 avait bien servi les Américains et les Occidentaux, mais qu’il était devenu obsolète, et qu’en plus c’est une arme utilisée contre les Etats-Unis. Il s’agit donc d’en inventer un nouveau.

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