Actualité : Revolut devient une banque numérique mondiale : ce qui va changer pour vos comptes, vos dépôts et vos futurs crédits

il y a 2 day 2

La célèbre application au logo noir et blanc n'est plus une simple carte de paiement pour voyageurs. Valorisée à environ 75 milliards de dollars (près de 68 milliards d'euros), Revolut vient de franchir un cap décisif en obtenant sa licence bancaire complète au Royaume-Uni. Après des années de tractations avec la Prudential Regulation Authority, l'entreprise londonienne change de dimension.

Cette validation lève les ultimes restrictions pesant sur la fintech. Elle peut désormais opérer sous le nom de Revolut Bank UK Ltd et déployer un arsenal financier digne des établissements historiques. La guerre contre les banques traditionnelles ne fait que commencer.

Un agrément britannique aux allures de consécration

Sur le sol britannique, l'impact est massif. Les 13 millions de clients locaux vont être progressivement transférés vers cette nouvelle entité. Le changement majeur réside dans la sécurité : les fonds bénéficient dorénavant de la couverture du Financial Services Compensation Scheme (FSCS). Ce bouclier protège les dépôts en cas de faillite, un argument de poids pour rassurer les utilisateurs.

"Lancer notre banque au Royaume-Uni a toujours été une priorité stratégique et marque une étape importante de notre développement", indique Nikolay Storonsky, PDG et cofondateur de Revolut, dans un communiqué relayé par La Tribune. Fort de ce sésame, l'acteur va étoffer son catalogue avec des comptes courants, des produits d'épargne et des offres de crédit immobilier. Bien que performant sur la gestion multidevise, le groupe péchait par l'absence de ces services pour fidéliser sa clientèle face à des géants comme Barclays.

L'Europe sous contrôle, l'Amérique en ligne de mire

Si vous nous lisez depuis la France, l'entreprise opère déjà avec une licence européenne délivrée par la Banque centrale de Lituanie. Pour asseoir sa légitimité, la firme a sollicité l'ACPR (Banque de France) et musclé sa gouvernance. L'arrivée de Frédéric Oudéa, ancien patron de la Société Générale, à la présidence non exécutive des activités européennes, couplée au recrutement de Perrine Kaltwasser à la direction des risques, envoie un signal fort aux régulateurs.

Le prochain terrain de chasse se trouve outre-Atlantique. La société a déposé une demande d'agrément auprès des régulateurs américains, l'OCC et la FDIC. Pour soutenir cette ambition de banque numérique mondiale, la direction a dévoilé un plan d'investissement de 10 milliards de livres sterling (environ 11,6 milliards d'euros) sur cinq ans, prévoyant la création de 10 000 emplois.

La fin de l'ère des simples néobanques ?

Cette mue illustre la trajectoire inévitable des plateformes financières. La rentabilité exige de dépasser le modèle des abonnements pour s'attaquer au marché lucratif du crédit. À nuancer par la lourdeur des contraintes réglementaires : Revolut va devoir prouver sa capacité à gérer des risques systémiques tout en conservant son agilité technologique.

La plateforme pour étudiants globe-trotteurs appartient au passé. En s'attaquant frontalement aux mastodontes du secteur, l'entreprise britannique redessine le paysage financier. Reste à voir si les consommateurs confieront massivement leurs prêts immobiliers à une application mobile.

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