En 2024, les chiffres d’affaires du marché du vin s’élevaient à 92 milliards d’euros et ceux du champagne à 5,8 milliards d’euros. Des sommes faramineuses forcément séduisantes pour les fraudeurs. Les producteurs doivent aujourd’hui ainsi faire face à l’image des alcools sur la santé, la concurrence extérieure, les coûts de production et… la contrefaçon. En Normandie, à Bernay (Eure), la PME WID Group a intégré la haute technologie dans les étiquettes afin de contrôler la bouteille de son étiquetage à sa consommation. Pour cela, une puce (RFID-NFC) est implantée.
Lisibles à travers les cartons et les caisses en bois
Cofondateur de WID Group, Alexandre Mongrenier a imaginé sa technologie sur la base de celle de la société de son père. « C’est la passion du vin et mes études d’ingénieur à ECE Paris (École centrale d’électronique) qui m’ont amené à m’apercevoir qu’il y avait une demande autour du vin sans que rien ne soit proposé, raconte l’entrepreneur. Un marqueur pouvait intéresser ces produits valorisés qui circulent dans le monde et qui ont un cycle de vie multiple, car ils passent de main en main et peuvent embarquer des problématiques diverses et variées que ce soit au stockage, à la livraison… ».
Ainsi, avec son associé Benoît Sudre, ils ont créé en 2014, la société WID Group (Wine Identification) pour signer la même année leur premier contrat. « Le principe est que dans l’étiquette indécollable se trouve une puce passive sécurisée et verrouillée qui peut être lue par un lecteur professionnel et par tous les smartphones, détaille l’ingénieur. C’est le même protocole que le paiement par carte bancaire. On approche le lecteur de la bouteille. Il apporte de l’énergie. La puce se réveille et elle renvoie immédiatement vers une plateforme sur le Cloud pour les professionnels ou une application pour les consommateurs ».
La carte d’identité du vin ou du champagne apparaît alors. « C’est aussi transposable aux spiritueux comme le rhum, le whisky et le cognac. Car, au-delà de lutter contre la contrefaçon des grands crus qui est la genèse de notre histoire, ce dispositif intéresse toutes les productions, assure Alexandre Mongrenier. Avec un lecteur, les clients peuvent lire les puces à travers les cartons et les caisses en bois. Cela convient donc aux producteurs, aux distributeurs, aux grossistes, aux cavistes, aux restaurateurs et aux consommateurs. En plus, sur toutes les fiches des crues, nous pouvons ajouter tous les formats d’informations au jour le jour. L’intelligence artificielle (IA) nous permet aussi de proposer une traduction instantanée en fonction du pays. Nos étiquettes sont faites pour faire rayonner l’image des vins et des champagnes ».
« C’est un cadeau du ciel cette nouvelle réglementation européenne »
Implantée en Normandie mais aussi en Bourgogne et en Gironde, WID Group compte aujourd’hui plus de 19 millions de scans depuis sa création pour 46 000 utilisateurs.
« Nous avons équipé plus de 12 millions de bouteilles d’entrée de gamme aux grands crus. C’est encourageant pour la suite d’autant que la réglementation européenne a imposé une norme sur l’étiquetage où toutes les informations doivent apparaître, complète Alexandre Mongrenier. C’est un cadeau du ciel. Nous apposons donc un logo pour informer l’acheteur sur notre technologie. En plus, dans les infos, nous avons ajouté la liste des ingrédients et les valeurs nutritionnelles, là encore pour répondre aux normes européennes. »
Des avancées qui ouvrent des perspectives à l’entreprise normande comme l’ouverture avant fin 2026 d’une entité en Champagne. « Nous investissons aussi à l’image de notre nouvelle machine d’une valeur de 250 000 euros et nous envisageons l’ouverture à l’export comme l’Italie et bientôt la Nouvelle-Zélande. Nous travaillons pour équiper d’ici 2030 plus de 100 millions de bouteilles et la protection intellectuelle de nos 40 brevets ».










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