Ex-SDF, Mickaël sauve les plantes abandonnées dans les cimetières de Rouen pour lutter contre la surconsommation

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Le recyclage est partout et a ses adeptes. À Rouen, Mickaël Drieux fait des tournées quotidiennes pour sauver des plantes des poubelles. Natif de Hyères-les-Palmiers, élevé en Bretagne et arrivé à Rouen après avoir épousé un Normand, à 37 ans, Mickaël Drieux a vécu un parcours plutôt difficile.

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« Pour moi, le recylage rime avec économies et protection de l’environnement »

« Je suis né dans une famille pauvre et me suis retrouvé à la rue durant deux ans à Toulon avant de partir faire le tour de France à pied. Employé ensuite par une association de réinsertion comme jardinier, je me suis trouvé une grande passion pour les encombrants, les poubelles et le recyclage. Que ce soient les meubles, les fringues, les montres et les plantes. Pour moi, le recyclage rime avec économies et protection de l’environnement… »

Un état d’esprit qu’il cultive au quotidien. « Quand vous avez vécu dans la pauvreté, c’est indispensable. J’ai appris alors le contact de la nature, la souffrance de la pauvreté et surtout la valeur des choses. Avant d’acheter, je lève toujours le couvercle malgré le regard des autres ».

Alors, depuis plusieurs mois, il récupère des végétaux dans les poubelles pour leur redonner une autre vie. D’ici la fin du mois, il aura ouvert une association ou une microentreprise baptisée « Les réanimés de la Terre », puis une clinique unique en Normandie.

« Il suffit d’une poubelle pour changer de racine »

« C’est lors d’un séjour dans un foyer en Bretagne qui accueille des jeunes un peu perdus que Sœur Bernadette m’a appris la patience grâce aux 400 plantes d’intérieur et 800 d’extérieur du domaine. La graine de patience. En faisant les poubelles, cela m’est revenu. Alors, chaque jour, dès 6h30, je fais une tournée dans les bacs des particuliers et ceux des cimetières, raconte encore Mickaël Drieux. Je récupère les plantes car tant que la racine n’est pas morte, on peut lui redonner une seconde vie. »

Le « docteur nature » a sa routine. « Pour le moment, je les ramène chez moi pour les nettoyer, les tailler, les rempoter et les soigner. Je demande pour cela des conseils à mes parents, des amis et aussi à l’IA. J’en ai actuellement une soixantaine et cela devrait doubler rapidement. »

Une clinique des plantes en projet

Le jardinier sans emploi veut maintenant aller plus loin. Comme porteur de projet, il va aller à la rencontre de la chambre des métiers de Seine-Maritime.

« Soit pour ouvrir une association ou une microentreprise, précise-t-il. J’ai lancé pour cela une cagnotte pour aussi ouvrir une clinique des plantes, la première en Normandie. Un local où on pourra soigner, mais aussi recevoir des professionnels ou des personnes âgées qui ont l’expérience. Je veux aussi monter un réseau de familles d’accueil sur le principe du plant-sitter et surtout lancer l’idée de boîtes à plantes comme les boîtes à livres où les gens peuvent déposer et prendre à volonté ».

En attendant, Les réanimés de la Terre peut répondre aux appels pour récupérer des plantes, du terreau, des accessoires ou encore des outils. « Cela va se monter doucement, au rythme de la croissance des plantes » affirme Mickaël Drieux.

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