« @grok, c’est vrai ? » Le bot conversationnel de X (anciennement Twitter) ne vous répondra bientôt plus… sauf à payer. Grok — c’est son nom — le répète ces dernières heures à ceux qui l’interpellent directement sur X, indiquant que la fonctionnalité est « actuellement disponible uniquement pour les abonnés Premium et Premium + », c’est-à-dire aux internautes qui payent…
X n’a pas officiellement communiqué sur ce changement de taille. Seul ce message envoyé par le compte officiel de Grok à ceux qui le mentionnent sur le réseau social l’indique. La page d’abonnement à Premium et Premium + a vu la fonctionnalité « Tag @Grok in replies » (« Taguer @Grok dans les réponses ») s’ajouter dans les possibilités disponibles à ceux qui payent.
Mentionner « @Grok » était pourtant devenu la norme sur X ces derniers mois. Sous un article, on pouvait ainsi demander à l’IA de le « résumer », ce qui était fait dans les secondes qui suivaient. Même chose pour vérifier une information, rappeler le contexte d’une autre ou même pour demander une blague… Il était même possible, jusqu’à peu, de demander directement à Grok de générer une image. La possibilité avait été restreinte aux abonnés payants quand des abus avaient été constatés — certains internautes avaient ainsi utilisé cette possibilité pour dénuder d’autres internautes (« @Grok, mets-la en bikini »), surtout des femmes.
Toutes les IA serrent la vis face à une technologie coûteuse
Pour utiliser cette fonctionnalité, les utilisateurs de X doivent donc passer à la caisse : 9,33 euros par mois pour l’offre Premium, 44,33 euros (!) par mois pour l’offre Premium +. Outre cette fonctionnalité, ces abonnements offrent une « coche bleue » (autrefois attribuée aux personnes célèbres ou « certifiées »), un boost artificiel pour ses propres tweets, moins ou pas de publicité, une IA Grok plus puissante ou encore la possibilité d’être rémunéré…
Pour les utilisateurs de X refusant de payer, Grok n’est pas définitivement inaccessible. Il est ainsi toujours possible d’utiliser l’intelligence artificielle, mais pas de manière publique, seulement par l’intermédiaire de la fenêtre conversationnelle de l’application. Il y est possible de lui poser des questions et de générer des images.
Ce « serrage » de vis de X n’est pas le premier dans le milieu de l’IA. Ses acteurs, après avoir obtenu une démocratisation très rapide (ChatGPT n’a été lancé que fin 2022), cherchent désormais à monétiser et réduisent donc la bride pour les utilisateurs gratuits (des quotas et plafonds plus petits, des réponses moins précises, des fonctionnalités absentes…). D’autres obligent à se créer un compte, intègrent de la publicité… Un enjeu majeur tant l’IA coûte cher à faire tourner.










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