Inondée, la filière du kiwi de l’Adour appelle à l’aide

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« À la fin du mois, je connaîtrai l’impact de la pluie tombée cet hiver sur mes kiwis. Il se peut que les racines soient tellement altérées, qu’en cours de végétation, la plante s’arrête. » En janvier et février dernier, les vergers de Stéphane Malfatti, arboriculteur installé à Sorde-l’Abbaye (Landes), ont subi de plein fouet les tempêtes successives qui se sont abattues sur le pays. Or, « le kiwi aime l’eau quand il a soif mais, il est comme nous, si vous lui en mettez trop, il se noie », explique le producteur qui a déjà fait les frais d’un excès de précipitations.

En 2024 et 2025, le Landais, gérant de Kiwi Délices, avait été contraint d’arracher une partie de ses pieds : 2,5 hectares. Presque le tiers de ses plantations. Et Stéphane Malfatti est loin d’être un cas isolé. Dans la vallée de l’Adour, fleuve frontière entre les Landes et les Pyrénées-Atlantiques où le fruit exotique pousse depuis les années 1960, les arbres meurent inondés.

« On est passé de 1 200 millimètres à 2000 millimètres annuels d’eau en 30 ans, alerte Jean-Marc Poigt, président de l’organisme de défense et de gestion (ODG) Kiwi de l’Adour. D’autant qu’en parallèle, on a des périodes soudaines de forte chaleur, difficilement supportables ».

Récolté en majorité dans les Landes, le kiwi du Sud-Ouest a du mal à résister au changement climatique. La filière, qui compte 350 cultivateurs et pèse pour un quart de la production française, « est passée de 22 800 tonnes en 2013 à 5 000 tonnes cette année », précise Jean-Marc Poigt. Soit une baisse de près de 80 %. Des chiffres alarmants pour les deux variétés cultivées : le Gold (jaune) et le Hayward, le seul vert à bénéficier de la double certification Label rouge et indication géographique protégée (IGP).

Des pieds au système racinaire plus résistant

Pour faire face, les producteurs ont déjà imaginé la suite et ont commencé à expérimenter une solution : le porte-greffe qui consiste à greffer une branche de kiwis sur des pieds au système racinaire plus résistant. Il en existe trois sortes nommées Roki, Jackson et Bounty. « Ce système marche dans d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, l’Italie ou la Chine », appuie Stéphane Malfatti qui en a planté sur 1,5 hectare l’été dernier. « Pour l’instant, ils font à peine 30 centimètres, mais il paraît qu’ils poussent très vite ».

Jean-Marc Poigt, de son côté, a lui aussi pris le virage des porte-greffes sur son exploitation d’Hastingues. Et les premiers résultats semblent prometteurs. « J’ai planté 100 pieds en porte-greffes. Même s’il faut attendre quatre ans avant d’avoir les premières productions, je vois déjà les bourgeons apparaître, c’est bon signe », s’enthousiasme-t-il. Reste un coût de l’opération, élevé : il faut compter entre 8 et 10 000 euros pour 600 plants. La filière appelle les pouvoirs publics à l’aide.

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