C’est un combat perpétuel dans l’une des plus belles baies du monde : récupérer au printemps le sable qui a été perdu en hiver. La période froide a été particulièrement rude pour les sept kilomètres de sable fin. « C’est un phénomène qui a pu se produire par le passé, mais cette année, la multiplication des événements climatiques, des vigilances jaune et orange, a fait que la plage a été plus attaquée que d’habitude, souligne Sophie Yem, directrice générale adjointe technique à la Ville de La Baule. La mer a tapé plus vite et plus fort. »
100 000 m³ de sable sont partis au gré des vents et des courants, soit trois fois plus que lors d’un hiver habituel. Le phénomène est connu : dans cette large baie, le centre de la plage est attaqué par les vents de face et le sable va engraisser les deux extrémités, au niveau des villes du Pouliguen et de Pornichet.
14 tracteurs à la manœuvre
La disparition du sable entraîne une accentuation de la pente de la plage, ce qui la rend moins praticable. « Ce qui est pris en hiver revient, dans une plus ou moins grande mesure, tous les étés. Dans l’attente de ce sable, on va rechercher celui qui a été dispersé en hiver là où il y en a trop, au Pouliguen ou à Pornichet, pour le remettre au centre de la baie », détaille Sophie Yem.
Impossible, évidemment, de replacer tout le sable perdu, mais le transfert reste impressionnant : en quelques jours, une noria de bennes animées par quatorze tracteurs repositionne pas moins de 8 000 m³ de substrat. Mais le travail ne s’arrête pas là. Il faut aussi niveler la plage. Le sable a été remonté par les vagues jusqu’au mur du remblai. « Si on ne le fait pas, les postes de secours et les toilettes publiques ne seraient tout simplement plus accessibles », pointe Sophie Yem.
Les restaurants et clubs de plage seraient également bien ensablés en haut de plage et exposés aux éléments vers le bas. Avant les pelles des enfants cet été, ce sont donc les énormes lames des bulldozers qui redessinent la plage. « On est toujours content de voir les engins arriver, c’est le signe que les beaux jours reviennent », sourit Thomas, maître d’hôtel au restaurant Les Canetons. « Sans leur travail, nous n’aurions plus de plage devant la terrasse. On est obligés de remblayer. »
Les établissements sont habitués à jouer avec le sable tout au long de l’année. En hiver, des talus sont érigés pour les protéger des assauts de la mer lors des coups de tabac. Le sable est ensuite lissé pour préparer l’arrivée des parasols et des estivants. « C’est impressionnant », lance Jean-Luc, un retraité du Loir-et-Cher venu profiter quelques jours du début du printemps, en s’approchant presque trop près pour immortaliser l’instant en prenant quelques photos. « Mais ils font ça tous les jours ? » s’interroge-t-il. Les engins de chantier, qui interviennent le matin quand la marée le permet, vont continuer encore quelques semaines à faire partie du paysage. Ils devraient avoir terminé de préparer la plage pour l’été début mai.










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