Municipales : en quoi consistent les «fusions techniques» préconisées par LFI au second tour ?

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Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Bondy (Seine-Saint-Denis), le 4 mars dernier, dans le cadre de la campagne des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.

Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Bondy (Seine-Saint-Denis), le 4 mars dernier, dans le cadre de la campagne des élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Abdul Saboor / REUTERS

Malgré son isolement, le fondateur de La France insoumise appelle à des rapprochements avec les autres partis de gauche pour battre la droite.

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Partout ou presque, la campagne des municipales qui s’achève a été marquée par la question des alliances. Face aux outrances répétées de Jean-Luc Mélenchon, le reste de la gauche a préféré prendre ses distances en excluant toute consigne nationale sur les rapprochements de second tour. Le Parti socialiste a notamment appelé à des «désistements républicains» en cas de risque de qualification du Rassemblement national et de ses alliés. Mais le fondateur de La France insoumise s’y refuse ; il préfère s’en tenir à ce qui constitue la tradition électorale à gauche et qu’il appelle les «fusions techniques» .

Ces alliances consistent à réunir l’ensemble des candidatures de gauche qualifiées au second tour dans une seule et même liste pour éviter l’éparpillement des voix face à la droite. Par exemple, si un candidat socialiste est arrivé en tête de cet espace politique au soir du premier tour, il propose dans la foulée des places sur sa liste à ses concurrents Insoumis, communistes ou écologistes.

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Cet accord est dit «technique» dans la mesure où il ne repose pas sur des considérations programmatiques ou idéologiques. Les candidats d’autres partis intégrés à la liste arrivée en tête demeurent libres de siéger dans leur propre groupe au conseil municipal et adopter ainsi des positions divergentes au cours de la mandature. Ce, même en cas de victoire.

Intempérance

Les fusions techniques sont récurrentes à gauche aux scrutins locaux. «La logique des municipales, c’est le rassemblement, pas le désistement», rappelait récemment Jean-Luc Mélenchon à Marseille, où il plaide en faveur de ce scénario. Il faut dire qu’un désistement, comme préconisé par le PS, empêcherait les mélenchonistes d’obtenir des conseillers municipaux. Ces derniers sont pourtant utiles pour peser dans les sénatoriales qui auront lieu en septembre prochain. LFI, qui ne dispose d’aucun sénateur aujourd’hui, compte bien faire son entrée au Palais du Luxembourg.

C’est sans compter toutefois sur l’intempérance dont fait preuve le triple candidat à la présidentielle, ses sorties jugées antisémites, ses attaques au vitriol contre les autres composantes de la gauche. Autant d’éléments qui ont marginalisé son mouvement. Les enquêtes d’opinion sont sans appel : les trois quarts des Français (76%) estiment que le PS et ses partenaires ne doivent plus nouer à l’avenir d’alliances électorales avec les mélenchonistes, selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro. Un avis partagé par une écrasante majorité des sympathisants socialistes (86%) et même par leurs camarades écologistes (69%).

Reste que l’état-major du PS n’exclut pas totalement des fusions de liste avec les Insoumis dans l’entre-deux-tours, à condition que les cadres locaux désavouent les positions de Jean-Luc Mélenchon. Aucun, pour l’heure, n’y a consenti. Le jeu des alliances s’intensifiera au moment où les résultats du premier tour seront connus, dimanche soir.

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