Pourquoi l’avant-première du prochain Timothée Chalamet au Grand Rex coûte jusqu’à 50 euros aux fans

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Timothée Chalamet, lors de l’avant-première au Grand Rex de Dune 2, en 2024. Ce genre d’événement coûte « plusieurs millions d’euros » à la salle et au distributeur.

Timothée Chalamet, lors de l’avant-première au Grand Rex de Dune 2, en 2024. Ce genre d’événement coûte « plusieurs millions d’euros » à la salle et au distributeur. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

DÉCRYPTAGE - Au cinéma comme dans les concerts, les géants américains du divertissement imposent des tarifs qui n’ont plus rien à voir avec l’exception culturelle française.

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Le 3 février, acheter sa place au Grand Rex à Paris pour l’unique avant-première française de Marty Supreme  de Josh Safdie, l’histoire d’un champion de ping-pong incarné par Timothée Chalamet, revient à 18 euros au balcon et à 25 euros en mezzanine. Au parterre, réservé aux influenceurs et autres invités, cinquante fauteuils à 50 euros ont été mis de côté. Au cinéma, ces tarifs par catégorie et si élevés sont tout à fait inhabituels.

Le principe de la grille tarifaire est le même que pour un concert, à ceci près que la star sur scène n’assure pas un show de deux heures mais prononce trois mots au micro. C’est pourquoi dans l’immense majorité des cas en France, la place d’une avant-première est vendue au prix d’une séance normale. Elle peut aussi être offerte après un jeu-concours ou un tirage au sort. Dans le cas de Timothée Chalamet au Grand Rex, la polémique s’est aussitôt enflammée sur les réseaux sociaux. À lire les nombreux commentaires, le cinéma est accusé de profiter de son prestige et de rendre ce type de séances exceptionnelles inabordables pour les vrais amoureux du 7e art qui ont envie d’entendre le réalisateur et ses acteurs parler de leur travail.

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Une avant-première coûte «plusieurs millions»

« Il faut comprendre l’économie derrière, se défend Alexandre Hellmann, à la tête du Grand Rex. Une avant-première avec des stars américaines, c’est une perte totale pour nous comme pour le distributeur. Entre les acteurs qui arrivent à Paris en jet privé, qui descendent dans un palace, la réquisition du cinéma pendant une journée qui empêche de faire les cinq ou six séances habituelles et la sécurité, le coût se monte à plusieurs millions d’euros. »

Et de détailler : « Dans le cas de Marty Supreme, je ne loue pas la salle. Contrairement aux conventions pour fans où les acteurs font payer leurs autographes et leurs selfies à l’unité, Timothée Chalamet n’exigera rien de ses fans français (il est déjà payé par contrat pour assurer la promotion, ndlr). Pour compenser mon manque à gagner, je récupère ce qui est possible. Je conserve ainsi la moitié du chiffre d’affaires de la billetterie. L’autre moitié est pour le distributeur. » 

Le rouleau compresseur des géants américains

Le prix des places a été établi en fonction de l’offre et de la demande. «Le jour J, je sais par expérience que j’aurai plus de 10 000 fans qui voudront des places. Je pourrais mettre celles au parterre à 500 euros, elles partiraient aussi vite. Avant le Covid, pour les avant-premières type Marvel, il n’y avait jamais de places disponibles pour le grand public au parterre. Celles en mezzanine leur étaient facturées 75 euros. »

Après la pandémie et les grèves à Hollywood, les équipes américaines sont moins venues à Paris. L’avant-première de Marty Supreme symbolise le retour en force des équipes américaines dans la capitale. Les prochaines seront organisées sur le même modèle. Avec ce type de tarification particulièrement élevée, l’exception culturelle française, chère à Jack Lang, disparaît.

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Qu’il s’agisse des studios hollywoodiens ou des producteurs de tournées internationales, les géants américains du divertissement avancent à marche forcée sur le marché français. Pour l’instant, les spectateurs acceptent de payer. Le Grand Rex affiche complet. Mais les budgets des spectateurs n’étant pas extensibles, cette sortie impliquera forcément des choix. Ces spectateurs retourneront peut-être moins au cinéma voir d’autres films. À Paris, 25 euros correspondent à deux séances de cinéma et 50 euros à quatre séances. Ceux qui préfèrent voir Marty Supreme au prix normal pourront toujours le faire à sa sortie, le 18 février.

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