La communication de l’administration américaine paraît chaque jour un peu plus erratique. La Maison-Blanche a publié mercredi sur X une vidéo compilant des images réelles des bombardements américains sur l’Iran mêlées à des extraits du jeu vidéo « Call of Duty : Modern Warfare III », sur fond de musique entraînante. Le post est accompagné d’une expression patriotique, reprenant les couleurs du drapeau américain : « Courtesy of the Red, White & Blue ».
La scène d’ouverture de la vidéo représente un palier spécial du jeu : lorsqu’un joueur parvient à éliminer 30 adversaires d’affilée sans mourir, il peut déclencher une « attaque ultime » qui permet d’anéantir l’équipe adverse. S’ensuivent des images réelles de missiles américains qui, lorsqu’ils touchent leurs cibles iraniennes, font s’afficher la mention « + 100 points », comme dans « Call of Duty ».
Cette stratégie de communication est fortement critiquée outre-Atlantique, alors que les victimes se comptent déjà par centaines en Iran, depuis le début de la guerre. « Traiter cette guerre comme un jeu vidéo quelques jours seulement après une frappe américaine qui a probablement tué plus de 100 écolières témoigne d’une insensibilité toute particulière », s’indigne sur X le correspondant d’un journal britannique. Ni les États-Unis ni Israël n’ont confirmé une telle attaque.
Programme de « points » en Ukraine
« W’s in the chat, boys ! » s’amuse Steven Cheung, directeur de la communication de la Maison-Blanche, en réponse à un message critiquant la vidéo. Cette phrase fait référence à une expression populaire sur le réseau Twitch : lorsqu’un streamer fête une victoire, les spectateurs écrivent dans le chat « W » (pour win, traduction de victoire).
La Maison-Blanche était-elle seulement autorisée à utiliser ces images ? Activision, l’éditeur du jeu, n’a pas répondu à la demande de commentaire de TMZ sur ce point. Chance Glasco, l’un des fondateurs de la franchise « Call of Duty », a expliqué sur X avoir, par le passé, « subi des pressions gênantes de leur part (la Maison-Blanche) pour que le prochain Call of Duty traite d’une attaque iranienne contre Israël ». L’idée aurait été rejetée par les développeurs du jeu.
Ce n’est pas la première fois que l’administration américaine utilise des références à la pop culture pour promouvoir sa politique. En septembre dernier, la très populaire franchise Pokémon s’était dissociée d’une vidéo du gouvernement américain associant le célèbre slogan « Attrapez-les tous » à sa campagne d’expulsion des migrants clandestins. La série de jeux vidéo « Halo » avait aussi été reprise pour une campagne de recrutements d’agents de l’ICE, la police de l’immigration.
Cette association du jeu vidéo à la guerre n’est pas nouvelle. L’armée ukrainienne a lancé l’an dernier un programme qui permet aux soldats de gagner des « points », puis des prix, en éliminant des soldats ou des équipements militaires russes. Dans un article dédié, la BBC décrivait une véritable « gamification » du conflit. Un nouveau phénomène qui semble gagner en popularité.










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